Nicolas SARKOZY fait la sourde oreille.
J’ai souvent eu l’occasion dans ce blog de dire tout le mal que je pensais de la loi dite TEPA de juillet 2007 qui comportait deux mesures principales : la défiscalisation des heures supplémentaires et le bouclier fiscal.
Parlons d’abord du bouclier fiscal.
Initialement fixé à 60 % des revenus, le plafonnement des impôts a été ramené à 50 % (CSG comprise) en juillet 2007 et Nicolas SARKOZY confirme : « le bouclier fiscal est un principe sur le lequel nous n’entendons pas transiger ».
Les chiffres restent éloquents et … surprenants.
Tout d’abord le nombre de foyers fiscaux concernés par ce dispositif est identique (14 000) selon que le bouclier soit à 60 % ou à 50 % !
Ce bouclier qui protège donc les contribuables de toute imposition excédant 50 % de leurs revenus a couté à l’État 500 millions d’euros.
En fait, le Trésor Public a reversé, à ces contribuables riches et aisés, un remboursement annuel moyen de 33 000 euros.
En cette période de crise, cette mesure est inadéquate et injuste.
Il faut, pour le moins, ramener le bouclier fiscal à 60 %.
Cela serait une mesure juste sur le plan social et qui permet de faire contribuer les plus défavorisés d’entre nous à l’effort collectif.
Mais il faut aller plus loin, et pourquoi pas de façon transitoire, augmenter le taux de la plus haute tranche de l’impôt sur le revenu à 45 %.
Et puis, la défiscalisation des heures supplémentaires doit être supprimée, et ce rapidement.
Alors que l’UNEDIC annonce plus de 300 000 chômeurs de plus en 2009, il est insensé que l’État dépense 4,3 milliards d’euros pour en fait, aider principalement ceux qui ont un emploi plutôt que ceux qui vont le perdre, ou qui l’ont déjà perdu.
Désarmant Xavier BERTRAND, secrétaire général de l’UMP, qui persiste : « moi je trouve que 120 euros de plus par mois pour un salarié, c’est une bonne chose ».
Et 43 % de son salaire en moins avec la prise en charge par l’ASSEDIC de l’assurance chômage pour un salarié qui perd son emploi, il en pense quoi Xavier BERTRAND ?
Est-il prêt à tenir le même propos devant les salariés de Continental ?
Nicolas SARKOZY ne veut pas entendre les rumeurs de la rue, notamment celles de la manifestation du 19 mars.
Il ne veut pas entendre ses compatriotes qui souffrent, qui ne s’en sortent plus.
Faire la sourde oreille est une bien mauvaise posture politique.