Excellente initiative parlementaire

Mercredi 18 novembre 2009

Publié le 18/11/2009 à 18:02 – Modifié le 18/11/2009 à 18:28 Le Point.fr

ASSEMBLÉE NATIONALE

Une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie

Par Ségolène Gros de Larquier

Une proposition de loi pour légaliser l'euthanasie

Une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie va être débattue jeudi matin à l’Assemblée nationale © PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE

Les partisans d’une légalisation de l’euthanasie ne désarment pas. Quatre ans après l’adoption de la loi dite « Leonetti » sur les droits des malades et la fin de vie, ils veulent aller plus loin. Plusieurs députés socialistes ont donc déposé une proposition de loi pour « passer de l’euthanasie passive à l’euthanasie active ». Le texte va être débattu jeudi matin à l’Assemblée nationale. « Toute personne, arrivée à un certain stade de sa maladie et soulagée de ses souffrances du mieux possible, doit pouvoir choisir la mort, si elle le souhaite, et recevoir pour cela l’aide dont elle a besoin », soutient ce texte signé par 120 députés socialistes, dont Jean-Marc Ayrault (Loire-Atlantique), président du groupe PS à l’Assemblée, Manuel Valls (Essonne) ou encore Pierre Moscovici (Doubs). Pourquoi une nouvelle loi ? « La loi Leonetti ne va pas assez loin, car elle ne fait qu’entrouvrir la porte au laisser mourir. Il faut passer de l’euthanasie passive à l’euthanasie active », réclame la députée Danièle Hoffman-Rispal, qui a contribué à écrire la proposition de loi. La loi Leonetti du 22 avril 2005 rend notamment possible, sur décision du malade ou du médecin, de limiter ou d’arrêter un traitement pour les personnes en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, même si cela a pour conséquence de mettre fin à la vie du patient. « Au lieu de laisser mourir un malade pendant six jours en interrompant un traitement, pourquoi ne pas abréger ses souffrances et mourir en quelques heures après une injection ? », soutient Danièle Hoffman-Rispal. Manifestation devant l’Assemblée La proposition de loi socialiste s’adresserait ainsi à « toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable » ayant demandé à mourir. Concrètement, un collège de quatre médecins devrait alors rencontrer le malade et se prononcer – sous un délai de huit jours – sur « le caractère libre, éclairé et réfléchi de la demande ». Au préalable, les médecins devront tout de même informer le malade des possibilités offertes par les soins palliatifs et l’accompagnement de fin de vie. L’acte d’aide à mourir serait ensuite administré sous contrôle médical. Par ailleurs, ce texte de loi propose de former les professionnels de santé sur « les conditions de réalisation d’une euthanasie ». Toutefois, une clause de conscience permettrait au médecin de refuser de mettre en oeuvre cette « aide active à mourir ». Opposée à toute forme de légalisation de l’euthanasie, l’Alliance pour les droits de la vie organise jeudi matin une manifestation devant l’Assemblée nationale pour dénoncer cette proposition de loi. Emmenée par le docteur Xavier Mirabel, l’association appelle à « préserver l’interdit du meurtre, comme élément fondateur de notre démocratie ». La pétition lancée sur le Net depuis début novembre a recueilli près de 41.000 signatures. De son côté, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), présidée par Jean-Luc Romero, a d’ores et déjà apporté son soutien au texte. « Nous nous réjouissons que ce texte vienne en discussion à l’Assemblée, même s’il ne sera sans doute pas accepté », a réagi le conseiller régional d’Île-de-France. Les défenseurs du texte en sont également conscients. « Mais le moment est tout de même propice pour aborder ce sujet, car aucun fait médiatique ne nous met la pression », répond Danièle Hoffman-Rispal. En réalité, l’objectif des partisans d’une légalisation de l’euthanasie est surtout de relancer le débat au sein de la société.

SARKOZY veut réformer l’Outre Mer

Samedi 7 novembre 2009

Interview de Christiane TAUBIRA qui dit « On ne dit pas merci »

Qu’avez-vous pensé du discours du président de la République?
Nicolas Sarkozy a compris la demande de respect qui émane de tous les territoires des outremers. Il commence à entendre le ressort même des cris que poussent depuis des années les élus locaux, les parlementaires et le mouvement social, et que l’exécutif refusait jusqu’à présent de prendre en compte. Sur la forme, le président de la République a fait un effort en essayant de s’adresser autant aux populations des DOM-TOM qu’à leurs élus. Lui qui affectionne les formules percutantes, les jugements à l’emporte-pièce, a montré du respect. Mais sur le fond, le compte n’y est pas. Quand le président voit une contradiction entre une demande de plus d’Etat et une demande de reconnaissance des identités locales, il se trompe. Pour moi, cela n’est pas contradictoire. Nous demandons simplement que l’Etat remplisse toutes ses missions régaliennes.

Comment jugez-vous le catalogue de mesures annoncées?
Ce sont des choses que nous demandions depuis longtemps à l’Etat. On va promouvoir des hauts-fonctionnaires issus des DOM-TOM dans les citadelles administratives? Très bien. On ne dit pas merci quand une injustice est supprimée. Mais il faut voir concrètement comment ces mesures pourront être appliquées. On veut, par exemple, permettre aux préfets d’utiliser à leur guise certains crédits budgétaires selon le principe de la circularité. C’est intéressant mais encore faut-il que cela ne soit pas un prétexte pour supprimer certains financements. Si ce système de vases communicants conduit à prendre des crédits sur l’éducation pour les doner au logement, on n’aura rien gagné.

Etes-vous satisfaite de la nomination de Marie-Luce Penchard comme ministre?
Je n’ai rien contre elle, c’est une personne de bonne volonté, mais sa nomination est une rente du LKP. Elle obéit au souci de calmer les outre mers énervées.

Vous suggérez que le catalogue de mesure signe la victoire du syndicaliste Elie Domota…
Domota a servi à faire comprendre que le mouvement social, qui d’habitude est très matérialiste et corporatiste, peut embrasser un périmètre beaucoup plus large. Il a mis le doigt sur une contradiction historique majeure en posant comme une exigence le droit à l’égalité. Il a interrogé le coeur même de la République, en la renvoyant à son rapport compliqué à la différence, aux distances, à son rapport de tolérance envers des injustice qui sont scandaleuses et qui la mettent elle-même en péril.

Anne-Laure Barret – Le Journal du Dimanche

Christiane Taubira Paru dans leJDD Pour Christiane Taubira, « le compte n’y est pas« . (Reuters)

Quand le quotidien « Le Progrès » s’intéresse au PRG

Dimanche 22 février 2009

taubiprgUn article paru dans l’édition régionale du vendredi 20 février2009 du quotidien « le Progrès ». La photo est une photo qui date des présidentielles 2007 où j’étais heureux d’embrasser Christiane TAUBIRA (aux cotés de Claudette BRUNET LECHENAULT et de Patrick MOLINOZ)

Article du vendredi 20 février 2009

Thierry Braillard attend que Jean-Michel Baylet mette le pied à droite

Lui-même se refuse à parler d’opposition interne et encore moins de leadership de celle-ci. D’abord parce qu’aux yeux de Thierry Braillard, président de la fédération régionale des radicaux de gauche, « la notion de courants n’est pas dans la culture des radicaux ; il n’y a donc pas de courant d’opposition ».

Ensuite, il est clair que stratégiquement l’adjoint lyonnais se refuse à apparaître comme l’agresseur d’une direction qui jusqu’à présent n’est victime que de procès d’intention. Mais, même s’il ne le dit pas non plus, il est évident qu’à l’instant où son président Jean-Michel Baylet entrerait au gouvernement de Nicolas Sarkozy, la guerre serait déclarée.

Aussi, à la veille de l’assemblée générale régionale qui réunira les délégués de Rhône-Alpes samedi à Lyon pour évoquer les élections européennes, le vice-président de la Région se contente-t-il de parler de « désarroi et de frustration des militants » face à l’attitude d’une direction qui a manifestement fait le choix de l’absence des radicaux de gauche de cette élection – que ce soit de façon autonome ou en alliance. « C’est dommage, se désole-t-il, car sur l’Europe nous avons toujours eu un discours très clair et très fédéraliste ».

Il ne peut toutefois prétendre ne pas voir l’attitude de certains de ses amis sur la réforme constitutionnelle ou le plan de relance qui ont mêlé leurs voix à celles de la droite : « Sur des textes à ce point symboliques du sarkozysme, une telle attitude ne peut se justifier ».

Il rappelle que « le congrès de mai 2008 du PRG a fixé une ligne d’indépendance à gauche… pas à droite » et illustre son propos localement : « Si on doit parler d’ouverture je préfère celle avec la Modem Anne-Sophie Condemine et mon ami Azouz Begag que celle avec Michel Mercier ». (Lire la suite…)

On frôle l’arpatheid social selon Christiane TAUBIRA

Samedi 14 février 2009

Propos recueillis par Claude ASKOLOVITCH et Anne-Laure BARRET
Le Journal du Dimanche

>> Christiane Taubira était vendredi aux côtés des manifestants guadeloupéens, en lutte pour protester contre la vie chère. Pour la députée de Guyane, l’Etat doit mettre fin à la « rente » et aux « monopoles » qui profitent à une « caste ». Elle rappelle que « l’outre-mer n’est pas une danseuse chère à entretenir mais un territoire oublié de la République ou plutôt un territoire spolié ».

Le conflit sur l’essence explique-t-il la tension aux Antilles?
C’est une des illustrations d’un système de rente, protégé par l’Etat, qui opère au détriment des populations. Toute l’essence consommée en Guyane et aux Antilles provient d’un seul fournisseur, la Sara (Société anonyme de la raffinerie des Antilles). En décembre dernier, les Guyanais ont fait grève pour obtenir une baisse du prix de l’essence. Nous, les élus guyanais, avons commencé à enquêter et nous soupçonnons de nombreuses irrégularités: mystère d’un prêt de 19 millions d’euros obtenu pour des travaux de mise aux normes qui n’ont pas été réalisés, irrégularités concernant les droits de douane. La Sara gonfle ses prix sans raison valable. Comme le prix du carburant est validé par le préfet, l’Etat couvre ses pratiques!

Les syndicalistes guadeloupéens accusent les békés, les descendants des premiers colons blancs…
N’en faites pas une question raciale! C’est un problème social et historique. Il y a aux Antilles des disparités sociales cruelles et qui viennent directement, historiquement, de l’esclavage. Le pouvoir économique des békés est né de la traite, il a été installé quand l’Etat a indemnisé les propriétaires d’esclaves, au moment de l’émancipation. Tout le monde a ça en tête. ça explique l’émotion provoquée par le documentaire de Canal+ mais la colère existait avant. Ne vous trompez pas: les leaders du collectif LKP ne sont pas des racistes anti-Blancs. Ils exposent une réalité sans prendre de précautions oratoires: une caste détient le pouvoir économique et en abuse. Cette puissance est encore plus importante en Guadeloupe qu’en Martinique, même si elle se voit moins. Là, on frôle l’apartheid social: j’ai vu, en Guadeloupe, un lotissement entouré d’immenses clôtures, uniquement peuplé de Blancs. En Martinique, les békés possèdent d’immenses propriétés alors que la terre est inaccessible pour la majorité des Martiniquais. En Guyane, les richesses sont concentrées dans les mains de quelques-uns mais il n’y a pas de problème de couleur de peau, car la société est plus métissée, les descendants de colons se sont mariés avec des Guyanais.

Le départ de JEGO comme une humiliation

Mardi 10 février 2009

taubuje reprends à mon compte  la réaction de mon amie, la député PRG Christiane TAUBIRA sur la situation alarmante des antilles.

PARIS (AFP) — La députée de Guyane Christiane Taubira (PRG) a affirmé lundi que « les conditions dans lesquelles le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves Jégo a quitté » dimanche la Guadeloupe « sont vécues comme une humiliation ».

« Il s’en va sans préavis après avoir dit qu’il se délocalisait en Guadeloupe le temps qu’il faudrait, ça ressemble à un pied de nez aux dizaines de milliers de Guadeloupéens qui manifestent et ça peut être perçu comme une humiliation », a déclaré Mme Taubira sur France Info.

La députée de Guyane a ajouté qu’ »à chaque fois que le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer passe dans un de nos territoires, il a tendance à se comporter un peu comme un caractériel et provoque des incidents ».

Selon elle, « il peut faire attention et nous respecter dans son comportement et ses propos ».

Interrogée sur la situation en outre-mer, Mme Taubira a décrit un « ras le bol » général et « une misère sociale et morale ».

« Nous avons des économies d’importation, nous sommes face à des situations de collusion, de connivence souvent entre l’Etat, les forces économiques et le pouvoir financier », a-t-elle dit.

Selon elle, « quand les gens en ont assez d’interpeller l’Etat et que l’Etat n’entend pas, on comprend que cela prenne de telles proportions ».

Yves Jégo a quitté subitement dimanche soir la Guadeloupe, en grève générale depuis trois semaines, pour des consultations à Matignon.