Le droit de mourir dans la dignité
Jeudi 22 septembre 2011S’il est compliqué politiquement (de l’UMP au Parti socialiste en passant par le PRG…), Jean-Luc ROMERO, le Président de l’association « POUR LE DROIT DE MOURIR DANS LA DIGNITE » est très convaincant lorsqu’il défend cette cause que les Radicaux, et leur candidat aux primaires citoyennes, Jean-Michel BAYLET, reprennent dans leurs propositions programmatiques.
Retrouvez ci-dessous la lettre adressée par Jean-Michel Baylet, Président du Parti Radical de Gauche (PRG) à Jean-Luc Romero, Président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.
Monsieur le président,
Vous avez souhaité connaître ma position et celle des radicaux de gauche sur la question de l’euthanasie et du suicide assisté, un sujet essentiel pour notre société qui fonde votre combat personnel et celui de l’ADMD depuis de longues années.
Les radicaux de gauche, comme vous le savez, sont guidés dans leurs actions, par des idéaux laïques et républicains, qu’ils souhaitent voir traduits par des politiques réformistes qui placent l’individu au centre de toute action publique.
Pour les radicaux, la liberté n’est pas un vain mot, un extrait de notre trilogie républicaine creux ou vide de sens.
La liberté que nous revendiquons est celle de vivre comme chacun l’entend jusqu’à pouvoir choisir soi même le moment et les modalités de sa fin de vie en citoyen éclairé.
Voilà pourquoi, le PRG a retenu depuis déjà plusieurs années dans son programme « le droit de mourir dans la dignité ».
Et c’est tout aussi naturellement que dans les 30 propositions pour la France que je fais aux électeurs qui participeront les 9 et 16 octobre prochain aux primaires citoyennes, j’ai retenu cette idée.
J’entends en effet que notre pays reconnaisse le droit de mourir librement dans la dignité à la demande du malade, de sa famille, placé sous la responsabilité d’un comité d’éthique médicale, et lorsqu’il est médicalement prouvé que la maladie est irréversible et que la mort est proche.
Je suis également attaché à ce que les volontés de malades librement exprimées à travers des directives anticipées soient respectées par le corps médical.
Je suis convaincu que l’enjeu est d’éviter les drames liés au soupçon d’euthanasie et de permettre, dans des conditions encadrées, aux personnes en fin de vie d’être accompagnées et de rester maîtres de leur destin.
Depuis trop longtemps, les responsables politiques de notre pays tergiversent et refusent d’affronter cette question qui, pourtant, n’effraie pas nos concitoyens comme le montrent régulièrement les sondages.
Avec l’alternance politique que les Français décideront, je l’espère, l’an prochain, le moment viendra de proposer au nouveau Parlement, un texte de loi qui légalise et autorise le suicide assisté dans un cadre médical et légal à bien définir.
Naturellement, la modification de la loi actuelle, devra s’accompagner d’un large dispositif d’accès aux soins palliatifs qui ne constituent en aucune façon un processus antinomique à la reconnaissance du droit d’aborder la fin de sa vie dans le respect de la liberté de chacun.
Je constate, hélas, qu’encore dernièrement, le Président de la République en recevant la famille du jeune Eddy de Somer, tétraplégique depuis 10 ans, a réitéré son opposition archaïque à la reconnaissance d’un droit à mourir pour les pathologies avérées et invalidantes.
Notre pays a pris beaucoup de retard sur les questions de société par rapport à bien des pays européens. Je rends hommage à l’ADMD qui le rappelle inlassablement et œuvre pour la reconnaissance à chacun de choisir sa fin de vie.
J’appelle donc de mes vœux une loi qui reconnaisse la primauté du respect de la volonté individuelle comme principe fondamental de l’organisation de notre société
C’est le combat républicain et humaniste des radicaux de gauche.
Je vous prie de croire, Monsieur le président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.




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