Les élections sénatoriales sont incorrectes. Elles ne respectent pas le suffrage universel direct !
Ce sont donc des “grands” électeurs qui élisent ces parlementaires qui feront la loi. Voilà bien une Assemblée à réformer et voilà bien une réforme qui manquait au projet de loi modifiant la Constitution adopté en juillet 2008 par la Droite et … le Parti Radical de Gauche. D’ailleurs, pour information cocasse, si Nicolas SARKOZY présentait sa réforme au Congrès la semaine prochaine, malgré le concours actif de Jean-Michel BAYLET, le Président n’aurait plus la majorité des 3/5ème nécéssaire à l’adoption. C’est pour cela que le coup de juillet reste un coup, bien joué certes, mais un coup.
En fait, ces élections sénatoriales m’ont apporté quelques satisfactions. D’abord, l’élection ou la réelection des radicaux de gauche (5 ce dimanche). Et puis l’élection de socialistes amis et proches (comme Jean BESSON dans la Drôme, Rachel MAZUIR dans l’Ain ou encore Didier GUILLAUME (encore dans la Drôme). Ces élections m’ont apporté un unique chagrin : la défaite en Hérault de Gérard DELFAU, Sénateur sortant et vraiment, un mec bien.
Mais je voudrais avoir une petite pensée pour Charles MILLON, candidat battu dans l’Ain.
Malgré ma petite expérience politique, je l’ai fréquenté à plusieurs étapes de sa vie politique.
En 1997, à la Région dont il était le Président incontesté et affable. En 1998, toujours à la Région où, pour conserver son potentat, il décide en une poignée de secondes de faire l’impossible, l’inimaginable, l’intolérable, l’inconcevable: s’allier avec l’extrème droite, le front national de GOLLNISCH et de LE PEN.. Erreur fatale.
Il la paie en 2001 à la Mairie de LYON où il n’arrive pas à s’entendre avec Jean-Michel DUBERNARD (UMP) entre les deux tours et où il facilite finalement l’élection de Gérard COLLOMB, profitant justement d’un bel élan Républicain.
Il la paie en 2002 lorsqu’il va créer son parti chrétien de Droite : Echec.
Il voudra conserver une aura à LYON et dans le Grand Lyon avec ses amis dit “les millionistes” pour finalement, les lâcher comme on lâche des vielles chaussettes. Échec.
Parti de l’Ain en 2000, ayant abandonné BELLEY, il y retourne en 2008 pour devenir Sénateur. Échec.
Charles MILLON a toujours voulu minimiser sa Faute de 1998. Sa femme, Chantal DELSOL, avait même dans une tribune dans le quotidien “Le Monde” intellectualiser la démarche. Peine perdue.
“On ne vit pas dans des temps sans mémoire, Charles…” lui ont rappelé les élus de l’Ain, département particulièrement touché par la Résistance et la seconde guerre mondiale avec notamment ce village d’IZIEU, avec cette petite école d’enfants juifs devenus martyrs, qu’il faut aller visiter.
Charles MILLON le connaissait bien. Bien avant 1998. Cela ne l’a pas empêché de privilégier le poursuite d’un potentat local à l’expression d’une douleur humaine.
Les “grands”électeurs de l’AIn (dont mon ami Guillaume LACROIX) lui ont rappelé ce dimanche que dans la vie, il y a des Fautes qui ne se pardonnent pas.