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Politique internationale de la FRANCE : L’heure du premier bilan

Mercredi 23 février 2011

Un groupe de diplomates français de générations différentes, certains actifs, d’autres à la retraite, et d’obédiences politiques variées, a décidé de livrer son analyse critique de la politique extérieure de la France sous Nicolas Sarkozy.

En choisissant l’anonymat, ils ont imité le groupe Surcouf émanant des milieux militaires, dénonçant lui aussi certains choix du chef de l’Etat. Le pseudonyme collectif qu’ils ont choisi est « Marly » – du nom du café où ils se sont réunis la première fois. Ceci est leur premier texte public.

La manœuvre ne trompe plus personne : quand les événements sont contrariants pour les mises en scène présidentielles, les corps d’Etat sont alors désignés comme responsables.

Or, en matière diplomatique, que de contrariétés pour les autorités politiques ! A l’encontre des annonces claironnées depuis trois ans, l’Europe est impuissante, l’Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! Dans le même temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l’étagère. Plus grave, la voix de la France a disparu dans le monde. Notre suivisme à l’égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires.

Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd’hui, ralliés aux Etats-Unis comme l’a manifesté notre retour dans l’OTAN, nous n’intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Cette perte d’influence n’est pas imputable aux diplomates mais aux options choisies par les politiques.

Il est clair que le président n’apprécie guère les administrations de l’Etat qu’il accable d’un mépris ostensible et qu’il cherche à rendre responsables des déboires de sa politique. C’est ainsi que les diplomates sont désignés comme responsables des déconvenues de notre politique extérieure. Ils récusent le procès qui leur est fait. La politique suivie à l’égard de la Tunisie ou de l’Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades. C’est elle qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme « piliers sud » de la Méditerranée.

Un WikiLeaks à la française permettrait de vérifier que les diplomates français ont rédigé, comme leurs collègues américains, des textes aussi critiques que sans concessions. Or, à l’écoute des diplomates, bien des erreurs auraient pu être évitées, imputables à l’amateurisme, à l’impulsivité et aux préoccupations médiatiques à court terme.

Impulsivité ? L’Union pour la Méditerranée, lancée sans préparation malgré les mises en garde du Quai d’Orsay qui souhaitait modifier l’objectif et la méthode, est sinistrée.

Amateurisme ? En confiant au ministère de l’écologie la préparation de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, nous avons abouti à l’impuissance de la France et de l’Europe et à un échec cuisant.

Préoccupations médiatiques ? La tension actuelle avec le Mexique résulte de l’exposition publique d’un dossier qui, par sa nature, devait être traité dans la discrétion.

Manque de cohérence ? Notre politique au Moyen-Orient est devenue illisible, s’enferre dans des impasses et renforce les cartes de la Syrie. Dans le même temps, nos priorités évidentes sont délaissées. Il en est ainsi de l’Afrique francophone, négligée politiquement et désormais sevrée de toute aide bilatérale.

Notre politique étrangère est placée sous le signe de l’improvisation et d’impulsions successives, qui s’expliquent souvent par des considérations de politique intérieure. Qu’on ne s’étonne pas de nos échecs. Nous sommes à l’heure où des préfets se piquent de diplomatie, où les « plumes » conçoivent de grands desseins, où les réseaux représentant des intérêts privés et les visiteurs du soir sont omniprésents et écoutés.

Il n’est que temps de réagir. Nous devons retrouver une politique étrangère fondée sur la cohérence, l’efficacité et la discrétion.

Les diplomates français n’ont qu’un souhait : être au service d’une politique réfléchie et stable. Au-delà des grandes enceintes du G8 et du G20 où se brouillent les messages, il y a lieu de préciser nos objectifs sur des questions essentielles telles que le contenu et les frontières de l’Europe de demain, la politique à l’égard d’un monde arabe en révolte, nos objectifs en Afghanistan, notre politique africaine, notre type de partenariat avec la Russie.

Les diplomates appellent de leurs vœux une telle réflexion de fond à laquelle ils sauront apporter en toute loyauté leur expertise. Ils souhaitent aussi que notre diplomatie puisse à nouveau s’appuyer sur certaines valeurs (solidarité, démocratie, respect des cultures) bien souvent délaissées au profit d’un coup par coup sans vision.

Enfin, pour reprendre l’avertissement d’Alain Juppé et d’Hubert Védrine publié le 7 juillet 2010 dans Le Monde « l’instrument [diplomatique] est sur le point d’être cassé ». Il est clair que sa sauvegarde est essentielle à l’efficacité de notre politique étrangère.

Lire la contre-enquête sur « la diplomatie française bousculée par la révolte arabe », dans l’édition Abonnés du site et dans Le Monde daté du 23 février 2011 et disponible dans les kiosques mardi 22 février à partir de 14 heures.

le groupe « Marly », un collectif qui réunit des diplomates français critiques Article paru dans l’édition du 23.02.11 « le Monde »

Bilan de l’année 2010 sous le regard de Jacques ATTALI

Lundi 27 décembre 2010

J’apprécie les analyses de Jacques ATTALI et j’approuve le bilan qu’il dresse de l’année 2010. A lire.


L’autruche, le rat et le lynx

LE 19 DÉCEMBRE 2010 10H05 | PAR

JACQUES ATTALI

2010 restera, en Occident, comme l’année de l’autruche.

En France, sur  aucun sujet d’importance,  aucun politique n’a pris de décision courageuse:

Ceux qui gouvernent n’ont pas commencé  à réduire sérieusement la dette publique, et elle  ne cesse d’augmenter. Ils n’ont rien fait non plus  pour s’attaquer aux  quatre  problèmes principaux   du pays, que sont l’aggravation des injustices, le déclin de l’école primaire,   les difficultés de réinsertion des chômeurs et la faiblesse des PME.

Ceux qui, à gauche,    aspirent à  gouverner ne présentent pas un meilleur bilan : ils n’ont pas  encore osé choisir leur candidat ni  définir le programme qu’ils proposeront  aux Français dans moins de 18 mois. Ils se voilent la face devant les difficultés qu’ils auraient à affronter  s’ils l’emportaient.

Dans le reste de l’Occident, cela ne va guère mieux:

En Europe,  les gouvernements ont   imposé  des plans d’austérité,   refusant de voir qu’ils ne règlent rien et les  conduisent dans le mur: la rigueur réduit la croissance et accroît le poids de la dette. Ils  ont  laissé le budget de l’Union sans moyens de compenser les inégalités régionales ni de financer les secteurs de croissance. Ils ont  laissé la Banque centrale européenne  créer de la monnaie en jurant  qu’elle n’en fait rien. Parce qu’ils n’ont  pas  eu le courage d’expliquer aux peuples, beaucoup plus murs qu’ils  ne le croient,  qu’il faut se rassembler, mettre des moyens en commun, et se doter d’un vrai projet, donnant sens à l’action.

Aux Etats-Unis, la classe dirigeante  n’a pas  fait  mieux en 2010 : elle a abandonné tout pouvoir aux banques, diminué les impôts sur les riches,  laissé filer les déficits et  créé de la monnaie à l’ infini.

Tout cela n’a pas en réalité d’autre objectif que de  gagner  quelques mois, quelques années peut-être, au prix d’une aggravation des difficultés, les rendant de moins en moins surmontables. En particulier, évidemment, pour les plus faibles.

Chacun  espère en un hypothétique miracle ; chacun attend on ne sait quel sauveur. Il viendra peut être. Sous la forme d’une mutation technologique  ou d’une guerre.  Ou des deux. Après quelles souffrances!

Pendant ce temps, les pays émergents  utilisent leur formidable croissance économique pour résoudre  leurs propres  contradictions.

La suite est écrite d’avance: en Occident, l’avalanche grossira ; elle deviendra bientôt incontrôlable et provoquera un sauve-qui-peut général, un chacun pour soi. Entrainant les pays du Sud, devenus fournisseurs du nord, dans la même spirale négative. En Europe, en particulier, cela conduira à des crises en chaîne, en commençant par l’Espagne, jusqu’a la rupture de l’euro, et au retour de tous les errements économiques et politiques du passé.

C’était donc l’année de l’autruche.  En toute logique, si rien n’est fait, très vite, elle sera suivie, comme chaque fois, par  l’année du rat, celle de toutes les violences.

Pour l’éviter, il faudrait beaucoup de courage et de vision: En France, en particulier,  il faudrait tout de suite affronter les problèmes difficiles, même si on doit être provisoirement impopulaires. En Europe, il faudrait, avant qu’il ne soit trop tard, faire un saut vers le fédéralisme budgétaire. Aux Etats-Unis, il faudrait  renforcer considérablement les moyens et les pouvoirs de l’Etat fédéral. Partout,  il faudrait que le long terme l’emporte sur l’immédiat ; il faudrait ouvrir les yeux et  regarder loin, dans l’obscurité : Il faudrait que 2011 soit l’année du lynx.

j@attali.com

SIDA : Ne pas relacher l’attention

Mercredi 1 décembre 2010

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Vive le sport !

Jeudi 29 juillet 2010

Si la coupe du Monde de football a été pour la FRANCE très médiocre, le Tour de FRANCE a été intéressant et là, avouons qu’avec les championnats d’Europe d’Athlétisme, nous prenons un vrai bol d’air frais, un retour aux fondamentaux du sport de haut niveau fait d’humilité, de générosité et de fraternité.

En devenant Champion d’Europe du décathlon, Romain BARRAS a offert une belle leçon de courage, de talent et de ce qui fait aimer le sport, d’émotion.

Le décathlon avec ses dix épreuves est un des plus beaux moments de l’Athlétisme avec toujours de beaux champions : Il y a eu Christian PLAZIAT, vingt ans déja !, que j’ai eu l’occasion de cotoyer, Alain BLONDEL et maintenant le ch’ti, Romain BARRAS.

Dans la dernière ligne droite du 1500 mètres, il n’a pas craqué. Bravo champion. Tout comme la victoire de Christophe LEMAITRE.

Un mot pour Yalouz GHANI, le nouveau DTN qui a accepté de lacher la lutte pour l’athlétisme et qui a réussi à créer un esprit de groupe qui transpire dans les différentes épreuves;

Un mot pour Bernard AMSELLEM, le Président de la Fédération Française d’Athlétisme, que j’apprécie et qui est toujours disponible, et qui avait essuyé quelques piques gouvernementales après les jeux olympiques de PEKIN.

Il doit bien rigoler et attendre la fin du championnat d’Europe pour entendre les mêmes dire tout le bien qu’il pense de son travail.

Cela s’appelle la société de l’instant. Destructrice pour des valeurs fondamentales que rappelait cette phrase de François MITTERRAND : « Il faut savoir donner du temps au temps. »

cocorico

Vendredi 28 mai 2010

La France organisera donc le championnat d’Europe des nations de football, l’EURO, en 2016.

Le Président Michel PLATINI l’a annoncé officiellement à 13 heures.

C’est une excellente nouvelle pour la FRANCE, pour le sport Français et le football en particulier, pour LYON qui est une des villes hôtes de cette compétition à travers le grand stade de l’OL sur le site de DECINES.

C’est une victoire pour la FRANCE car après les échecs répétés des candidatures parisiennes aux Jeux olympiques, on se disait qu’après la coupe du Monde de rugby (qui fut un véritable succès), il n’y avait plus trop de compétitions d’envergure organisée dans l’hexagone. Cela est réparé même s’il ne faudrait pas que cela nuise à la candidature annecéenne pour les Jeux d’hiver de 2018.

C’est une victoire pour le sport et le football en particulier tant nos stades sont devenus désuets et dépassés. Au demeurant, les 150 millions d’euros prévus pour l’instant par Nicolas SARKOZY apparaissent très nettement insuffisants par rapport à l’estimation de la dépense globale (plus de 1,7 milliard d’euros) que le privé ou les collectivités territoriales ne pourront supporter à eux seuls.

C’est aussi une victoire pour le projet OL LAND et le GRAND STADE DE DECINES car l’EURO 2016 a organiser va booster la construction et la réalisation de cet équipement.

C’est ce que me confiait l’autre jour Karl-Heinz RUMENIGGE, le Président du Bayern MUNICH. Le choix de l’ALLEMAGNE d’organiser la coupe du Monde de football en 2006 avait fait lever de nombreuses contraintes et avait accélérer la contruction de l’Allianz Arena de MUNICH qui est aujourd’hui un magnifique stade de 69 000 places.

L’enjeu de Copenhague

Vendredi 11 décembre 2009

Une note d’humour

Jeudi 3 décembre 2009

Une nouvelle étape dans la construction européenne

Mardi 1 décembre 2009

europe

Le 1er décembre 2009 entre en vigueur le traité de Lisbonne.

Initié en décembre 2000 dans une Déclaration sur l’avenir de l’Union annexée au traité de Nice, le processus de réforme des institutions européennes a été long : Convention européenne ouverte en 2002, projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe, rejet du projet de Constitution européenne par la France et les Pays Bas en 2005, adoption d’un nouveau traité modificatif à Lisbonne en octobre 2007, rejet du nouveau traité par l’Irlande puis enfin achèvement du processus de ratification par l’ensemble des pays de l’Union début novembre 2009.

Dès le 19 novembre, les nouveaux hauts responsables de l’Union, président du Conseil européen, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Secrétaire général du Conseil, ont été désignés.

A partir du 1er décembre, l’Union européenne devient une personne morale et les règles de fonctionnement des institutions changent.

vie-publique.fr vous propose de faire le point sur la réforme des institutions européennes.

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Bug Brother

Mercredi 16 septembre 2009

11 septembre 2009

En vertu de la présomption d’innocence, on ne fiche que les coupables, voire les suspects. La Grande-Bretagne a décidé d’innover, et de ficher un Britannique sur six, afin de croiser leurs antécédents judiciaires avec leurs modes de vie et relations actuelles, pour jauger de leur bonne moralité. Une forme de présomption de culpabilité.

Holly Wells and Jessica ChapmanL’idée de ce fichier, le plus important de ce type dans le monde, est né suite au meurtre en 2002, de Holly Wells et Jessica Chapman, deux fillettes tuées par le concierge de leur école, Ian Huntley, pourtant connu des services de police (mais jamais condamné) pour des affaires de violence sexuelle sur des adolescentes.

Suite à l’adoption d’une nouvelle loi sur la protection des données personnelles, la police avait en effet détruit les dossiers jugés les plus anciens… dont le sien.

Devant le scandale, les autorités ont décidé de vérifier les antécédents de tout adulte entrant en contact, de manière régulière, avec des enfants, ainsi qu’avec les personnes âgées ou vulnérables (SDF, handicapés, prisonniers, etc.).

Payer pour être fiché

Enseignants, infirmières, dentistes, pharmaciens, entraîneurs sportifs, gardiens de prison, chefs scout, parents faisant du soutien ou accompagnant leurs enfants lors des sorties scolaires… le gouvernement britannique estime que 11,3 des 58 millions de Britanniques seront concernés.

En Grande-Bretagne, l’affaire fait scandale, et même le Daily Telegraph, principal quotidien britannique connu pour ses positions conservatrices et donc peu suspect de droit-de-l’hommisme, s’étonne de la démesure, et des travers, de ce fichage.

A compter du 12 octobre prochain, les personnes concernées devront en effet payer pour être fichées, et débourser la modique somme de 64£ (73€) pour entrer dans la base de données de l’Independent Safeguarding Authority (ISA), chargée de leur délivrer (ou pas) un agrément.

Objectif : vérifier leurs antécédents judiciaires, mais aussi leur modes de vie, relations et croyances.

Dépliant de l'Independent Safeguarding Authority

Les 200 employés de l’ISA seront ainsi autorisées à aller vérifier ce que les postulants ont pu laisser comme traces compromettantes sur l’internet, Facebook, les blogs, forums, etc., mais aussi à tenir compte de toute information émanant d’anciens employeurs, de collègues, ou… de membres du public, et ce, même s’il s’agit de “témoignage pas spécifiquement relié à aucun évènement particulier” (sic).

Le fait de souffrir de “solitude émotionnelle sévère“, d’avoir des “liens avec des asociaux“, un mode de vie “impulsif, chaotique ou instable” ou bien encore d’avoir “recours à des substances ou au sexe pour faire face au stress” est également sujet à caution.

Si deux critères au moins sont positifs, la personne disposera de 8 semaines pour faire appel, avant d’être interdites d’entrer en contact régulier avec enfants et “personnes vulnérables“.

On a ainsi vu un enseignant être black-listé par les autorités parce qu’un voisin l’avait vu déambuler nu… chez lui, par la fenêtre (voir Le sexting, c’est (nor)mal).

680 fichées à tort il y a 2 ans, 1580 l’an passé

Ceux qui refusent de se ficher risqueront jusqu’à 5 000 £ (5721€) d’amendes, ceux qui, interdits d’entrer en contact avec des enfants, le feraient néanmoins, risqueront 5 ans de prison, et leurs employeurs 6 mois.

Bonnes nouvelles : les bénévoles n’auront pas à payer pour être fichés, et, devant la bronca des employés du spectacle, les artistes ou auteurs venant occasionnellement parler dans les écoles, ou y organiser des ateliers, ne devraient pas être concernés.

Dépliant de l'Independent Safeguarding Authority

Le Criminal Records Bureau (CRB), mis en place en 2002, se contentait jusque là de vérifier les antécédents judiciaires des postulants. Les fichiers de 3,9 millions de personnes ont ainsi été passés au crible.

Il y a deux ans, 680 avaient été fichés, à tort, comme criminelles.

L’année dernier, le chiffre a doublé, passant à 1570. Mais pas de quoi fouetter un chat à en croire le ministère de l’intérieur britannique, le taux d’erreur n’étant que de 0,04%, et que 90% des erreurs auraient été résolues en 21 jours.

De même, l’ISA a certes connu un incident de sécurité lorsqu’un email contenant des informations confidentielles a été envoyé à une adresse email incorrecte, mais cela n’a représenté “aucun risque” (sic).

Envoyer des fichiers policiers par mail, quelle idée…

25 000 personnes sont aujourd’hui interdites de travailler en relation avec des enfants. Le gouvernement estime que 45 000 personnes seront à terme concernés.

Logos de l'ISA et du CRB

J’avais déjà eu l’occasion d’évoquer les travers du fichage des délinquants sexuels (cf Fichée à vie pour une fellation librement consentie), mais ce fichage ne concernait que les personnes condamnées (à tort ou à raison).

Avec ISA, les autorités britanniques montent d’un cran, fichant les innocents afin d’y déceler des éléments laissant entendre qu’ils pourraient éventuellement passer à l’acte, et incitant ses employés à chercher la petite bête, et examiner les délations.

Bref, un fichier de présomption de culpabilité où il revient au fiché de payé pour être considéré comme suspect, puis de démontrer son innocence si l’ISA (à tort ou à raison) décide de le ou la “black-lister“.

MaJ: TF1 y a consacré un reportage dans son JT du 12 septembre, où l’on voit aussi un responsable de la police britannique proposer de profiter de ce fichage pour prélever les empreintes ADN de tous les fichés…:


Reforme territoriale : et les métropoles ?

Lundi 13 juillet 2009

gl L’intérêt général peut laisser penser que lorsqu’une réforme d’envergure est lancée, les choix effectués seront les meilleurs.

Après le travail de la mission Balladur, force est de constater que la naïveté est un vilain défaut en politique.

De conseillers territoriaux qui pourraient être élus de différentes façons, l’esprit de la réforme engagée par nicolas SARKOZY s’apparente plus à de vulgaires calculs politiciens (comment récupérer pour l’UMP des collectivités territoriales) et elle obère l’avenir de la construction politique des grandes métropoles. cela ressemble déja à un rendez vous raté.

je suis intervenu dans le débat initié au grand Lyon sur ce sujet :

Après sa saisine du 5 mai 2009, et son rapport du 18 juin 2009, le Conseil de développement du Grand Lyon nous invite à « construire avec les citoyens une communauté urbaine plus efficiente et une métropole multipolaire ». Quelle belle perspective.

Elle s’inscrit dans le droit fil du rapport de la commission Balladur qui préconisait l’évolution et la rénovation des intercommunalités et notamment la création du statut de métropole.

Avancée très nette eu égard au rapport d’information de la mission parlementaire du 8 octobre 2008 rendu par les députés Quentin et Urvoas et qui était totalement taisant sur le sujet.

Car bien entendu, le Grand Lyon est concerné par cette évolution et d’ailleurs dans son rapport, le Conseil de développement fait bien la différence entre communauté urbaine et métropole.

Il l’a fait si bien qu’il appelle notre attention et qu’il plaide à la fois pour le renforcement de la coopération entre pôles (agglomération du Grand Lyon, de Saint-Etienne métropole, du Nord Isère) et aussi de celle de tous les territoires de la région urbaine de Lyon que le conseil identifie à la «région métropolitaine ».

Depuis, on sait qu’un projet de loi sera soumis en septembre en première lecture au Sénat et que le Gouvernement pourrait avoir l’envie de vouloir passer en force.

Mais il ne serait pas bon d’imposer une réforme en passant en force, après avoir préparé le terrain et jeté le discrédit sur les élus locaux dont on aurait persuadé l’opinion publique qu’ils seraient trop nombreux, qu’ils seraient de mauvais gestionnaires, qu’ils ne feraient qu’augmenter l’impôt local et créer du déficit public.

Faciliter la fusion volontaire de communes et d’intercommunalités est pourtant un objectif sage, dont la réalisation prendra du temps. N’oublions pas que plusieurs centaines de milliers de conseillers municipaux bénévoles constituent, sur le territoire, un facteur de lien social inégalable.

Mais aussi, par un tour de passe-passe sémantique, on remplacerait, non on substituerait dans le glossaire notre communauté urbaine en métropole.

Le Conseil de développement ne s’y trompe pas page 24 de son rapport, lorsqu’il oppose les deux termes et le Président Frébault nous en parlé.

L’avènement des métropoles devient une évidence.

Mais à quelle taille ?

Et c’est sur ce point que le projet gouvernemental risque de porter des considérations qui ne me semblent pas politiques au vrai sens du terme, mais qui seraient plutôt politiciennes.

En effet, les communautés urbaines existent déjà et les relations avec les communes sont plutôt bonnes, c’est le cas dans le Grand Lyon.

Dans notre Région par exemple, Grenoble et Saint-Etienne sont également rassemblées dans des agglomérations de 500 000 habitants et de 400 000 habitants.

Alors que dans le même temps, à Lyon nous sommes amenés voir contraint, par l’attractivité économique et le développement territorial à être au niveau de véritable métropole : Berlin : 4,3 millions d’habitants, Francfort : 2 millions d’habitants, Barcelone : 4,4 millions d’habitants, Turin : 2,3 millions d’habitants, Milan : 3,8 millions d’habitants, Birmingham qui en passe de doubler sa population à 2 millions d’habitants.

Il est clair qu’il faut voir plus grand que le périmètre du Grand Lyon au risque d’être inexistant dans la dimension européenne.

C’est l’esprit du partenariat envisagé avec l’agglomération stéphanoise, le Nord et Isère. C’est l’esprit du développement du transport urbain avec le réseau REAL, en lien direct avec la Région Rhône-Alpes.

Le Groupe Radical de Gauche-Grand Lyon Demain pense donc, à l’instar du Conseil de développement, que le moment est venu de promouvoir la construction de métropole multipolaire.