Hier soir, lors de l’intervention télévisée de Nicolas SARKOZY, j’ai été profondément choqué lorsque vers la fin de l’émission, le candidat-Président rappelle fermement qu’il n’aura pas augmenté les impôts durant son quinquennat, alors que la TVA a son taux social et à son taux normal auront fait l’objet d’une hausse (la TVA est considérée en finances publiques comme un impôt indirect).
Sans parler les différentes taxes créées depuis cinq ans et qui, avec le temps, deviennent indolores mais qui sont payées quand même.
Je ne resiste pas à publier sur ce blog un post de mon ami Pierre-Alain MUET, Député de la seconde circonscription de LYON, qui en dit long sur la personne de Nicolas SARKOZY.
Et ce n’est pas la première fois que Nicolas SARKOZY est pris en flagrant délit de contradiction !
« En 2004, l’éphémère ministre de l’économie et des finances, Nicolas Sarkozy, interrogé le 4 mai par la commission des finances du Sénat, répondait au président de la commission et promoteur obstiné de cette mesure, Jean Arthuis, que « les études dont il dispose montrent que la hausse d’un point de TVA pouvait donner lieu à 0,9 point de croissance en moins alors que l’impact d’une baisse des charges patronales serait seulement de 0,4 points de croissance en plus ».Résultat, chaque point de TVA sociale réduirait la croissance de ½ point.
Et il ajoutait « l’accroissement du taux normal de la TVA serait problématique pour la compétitivité française » etrappelait « qu’il était donc à craindre qu’une hausse de la TVA, malgré la diminution des charges, ne fut intégrée dans la marge, et donc intégralement répercutée sur le prix de vente » (source Compte rendu la Commission des finances du Sénat, 4 mai 2012).
Question au président : Si un point de TVA Sociale baisse la croissance de 1/2 point, de combien 1,6 point de TVA sociale baissera la croissance ?
Question subsidiaire : En quoi ce qui était déjà inopportun en 2004 alors meme que le pouvoir d’achat augmentait peu serait-il devenu pertinent en 2012 quand le pouvoir d’achat baisse ? ».
16 h 39 : La Marseillaise retentit. Le discours s’achève sous une telle ovation que Hollande en devient presque inaudible. « Je me permets de citer Shakespeare, clame-t-il : ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve. » « Le rêve, c’est la confiance dans l’avenir, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, que l’argent, que les croyances, que les religions. Le rêve, c’est… la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité. C’est le creuset qui permet d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose. » Puis il conclut avec force : « La France n’est pas un problème, la France est la solution. Le changement, c’est maintenant ; l’espérance, c’est maintenant ; la République, c’est maintenant ; dans trois mois, nous ferons gagner la gauche et nous réussirons.
16 h 29 : Hollande aborde le sujet qu’il affirme être la colonne vertébrale de son projet : la jeunesse. « Notre jeunesse est sacrifiée, reléguée, abandonnée : chômage, accès au logement difficile, etc. Et pourtant, la jeunesse, c’est notre chance. C’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. C’est la raison pour laquelle je veux faire de l’Éducation une grande cause. J’ai proposé de créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale ; pas simplement des professeurs, mais des surveillants, des infirmières, des assistantes sociales. On me dit : c’est trop ! Je dis : ce n’est peut-être pas assez. »
16 h 20 : Hollande prend date : « Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement. » Il prend aussi un engagement pour l’école : « Je veux faire de l’éducation une grande cause nationale », déclare François Hollande, qui réaffirme son objectif de créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale. Son objectif est de diviser par deux le nombre de jeunes en situation d’échec scolaire à la fin du quinquennat.
16 h 14 : Sur le logement, Hollande fait des propositions. « L’État montrera l’exemple, affirme le candidat, qui s’engage à mettre immédiatement à la disposition des collectivités locales tous ses terrains disponibles pour y construire des logements » et multipliera « par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes qui bafouent la loi de solidarité urbaine » qui impose 20 % de logements sociaux.
16 h 05 : « Chaque nation a une âme. L’âme de la France, c’est l’égalité. » « Seule la justice doit guider notre action », affirme avec force François Hollande. « Les Français n’ont rien à craindre de l’égalité de la justice, de la redistribution. Les Français doivent savoir que s’ils m’élisent, avant tout effort, toute décision, toute loi, tout décret, je me poserai une seule question : est-ce que ce que l’on propose est juste ? Si ce n’est pas juste, je l’écarte. »
Puis il évoque sa réforme fiscale. C’est pour la justice que je reviendrai sur les allégements de l’impôt sur la fortune, que les revenus du capital soient taxés comme ceux du travail. Qui peut trouver normal qu’on gagne plus d’argent en dormant qu’en travaillant ? » « C’est pour la justice que je porterai à 45 % la tranche de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros. Et pas d’avantage fiscal au-delà de la somme de 10 000 euros de diminution d’impôts par an. »
16 h 04 : Hollande rend la droite responsable du creusement vertigineux de la dette : « Dix ans de droite auront coûté aussi cher que tous les gouvernements réunis de la Ve République. » Il promet un retour à l’équilibre des comptes pour la fin de son mandat, en 2017, tout en maintenant qu’il enterrera la RGPP : « Le nombre total de fonctionnaires n’augmentera pas, mais il sera mis fin à la règle aveugle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. »
16 heures : Le candidat fait une rafale de propositions pour réindustrialiser la France : création d’une banque publique d’investissement, d’un livret d’épargne dont le produit sera dédié aux PME innovantes, remboursement des aides reçues par les entreprises qui délocalisent, un million de logements neufs et anciens…
Il aborde aussi le chapitre du nucléaire : « Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte, mais aussi des énergies renouvelables. » Il redit sa volonté de baisser de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité.
15 h 59 : Vient le chapitre de la relation franco-allemande. « Une Europe de croissance, de solidarité, c’est la vocation de la France de la construire avec l’Allemagne. » Nos amis allemands devront faire « preuve de solidarité », car l’Allemagne « ne restera pas forte dans une Europe faible ». En décembre 2011, Hollande s’était rendu à Berlin, au congrès du SPD, parti socialiste allemand, pour proposer son pacte de gouvernance, de responsabilité et de croissance. Il avait dû faire face à une polémique sur la germanophobie, qu’il avait récusée.
15 h 54 : Passage très offensif sur la régulation de la finance. François Hollande explique vouloir créer une agence publique européenne de notation, propose une stricte séparation de la banque d’affaire et de la banque de dépôt, et prône l’intervention de la BCE.
15 h 50 : Hollande attaque, toujours sans le nommer, son adversaire Sarkozy : « Commencé dans la virevolte, ce quinquennat s’achève dans la tourmente », puis il a cette formule assassine : « Un seul mot, un seul, résume cette présidence : la dégradation. Tout s’est dégradé. »
15 h 48 : François Hollande a affirmé vouloir rendre confiance aux Français. Il aborde l’économie et la crise. « Il n’y a jamais une seule politique possible quelle que soit la gravité de la situation. » « Avant d’évoquer mon projet, je vais vous dire qui est mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne : cet adversaire, c’est le monde de la finance. En 20 ans, il a pris le contrôle de nos vies et de nos politiques. »
15 h 44 : Deuxième date marquante après le 21 avril, « plus heureuse », « c’est le 10 mai 1981″. Il rend un hommage appuyé à François Mitterrand. « Moi, je veux installer la gauche dans la durée et mettre en accord la gauche avec la France. Si je suis candidat, c’est pour renouer le fil. » « Je veux voir la joie de la conquête, s’exclame-t-il. Je veux gagner avec vous le droit de présider la France. »
15 h 42 : Fermeture du chapitre personnel. François Hollande ouvre un autre volet en répétant son traumatisme du 21 avril : « J’en ai tiré toutes les leçons. Moi je ne laisserai pas faire, je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n’a jamais rien fait pour servir les intérêts de cette classe-là. » « Je ne laisserai pas une formation politique réclamer le rétablissement de la peine de mort. » Et enfin : « Ce qu’attend une grande majorité de nos concitoyens, c’est un choix entre la gauche et la droite. »
15 h 36 : « Je ne suis pas un vorace. Je veux simplement me mettre au service des Français. j’ai fait de l’engagement ma vie entière. J’ai donné, j’ai reçu : du temps, du travail, des coups. Je n’ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même. » Puis cette formule qu’il souligne : « Je vais vous dire un secret : J’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. »
15 h 33 : Arrive le moment tant promis, celui où François Hollande se présente aux Français : « Présider la République, je veux le faire en étant digne de votre confiance. Tout dans ma vie m’a préparé à ça. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée, je suis socialiste. La gauche, je ne l’ai pas reçue en héritage. J’ai grandi en Normandie dans une famille plutôt conservatrice. Je remercie mes parents, mon père parce qu’il avait des idées contraires aux miennes et parce qu’il m’a aidé à affirmer mes convictions. Ma mère parce qu’elle m’a transmis ce qu’il y a de plus beau, l’ambition d’être utile : la gauche je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée. Avec François Mitterrand, dans la conquête. La gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député ; la gauche, je l’ai gouvernée avec Lionel Jospin quand nous dirigions ensemble le pays. C’est moi qui vais, dans ce combat, vous conduire à la victoire que vous attendez depuis si longtemps. »
15 h 30 : Au premier rang, les éléphants du PS, visiblement réjouis, ne boudent pas leur plaisir et réservent de régulières standing ovations à leur candidat. Notamment quand Hollande lance : « Aujourd’hui, c’est moi qui porte votre espérance, c’est moi qui porte l’obligation de gagner. »
15 h 27 : Sans jamais le citer, François Hollande critique beaucoup Nicolas Sarkozy. Il entame toutes ses phrases par « présider la République », ce qui est un moyen de se placer sur le même plan que le chef de l’État et de prendre son contre-pied.
15 h 26 : Le ton se fait très grave pour évoquer les soldats morts en Afghanistan : « Il faut avoir la lucidité d’affirmer que notre mission est terminée (…) je ferai en sorte que ce retrait se fasse en bon ordre sans menacer la vie de nos soldats. »
15 h 25 : « Présider la République, c’est être ferme, ferme à l’égard de l’immigration clandestine, mais traiter dignement les étrangers en situation régulière. » Puis, un peu plus tard : « Ne pas inviter les dictateurs à Paris. » Sarkozy n’a toujours pas été nommé, mais ses oreilles doivent siffler.
15 h 21 : Hollande emporte d’emblée l’adhésion de la salle en mettant en avant deux promesses : « J’introduirai le non-cumul des mandats pour les parlementaires », et la mise en place du « droit de vote des étrangers ». Droits du Parlement, laïcité, nomination du président de France Télévisions… Le discours de François Hollande s’avère plus programmatique que prévu.
15 h 19 : Hollande démarre par son attachement à la laïcité. « J’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Églises de l’État dans la Constitution. » Ovation.
15 h 15 : C’est parti pour 1 h 15 de discours : « Je suis venu vous parler de la France, de la France qui souffre et de la France qui espère. Une page est en train de s’effacer. Et je suis venu vous parler de la France de demain. »
15 h 10 : Après un clip sur le candidat, un film bercé de violons mélodramatiques retrace la vie de François Hollande. Son histoire, son engagement, les échecs… Le candidat s’avance sur la scène en fendant la foule. Fait inhabituel : le timing est respecté à la minute près. La musique de fond est le nouvel hymne de campagne. Les seules paroles qui tournent en boucle sur un air techno : « Le changement, c’est maintenant ». Il s’agit aussi du slogan du candidat.
La scène est surréaliste. « Tu vois, j’ai gagné ! J’ai gagné ! » lance, triomphant et vengeur, Nicolas Sarkozy au député du Nouveau Centre Charles de Courson, présent à l’Élysée pour une cérémonie début 2010. De quelle victoire si importante se prévaut donc le président de la République ? D’avoir fait baisser le chômage ou rétabli l’équilibre du commerce extérieur ? Rien de tout cela, bien sûr. Nicolas Sarkozy se félicite des 390 millions d’euros qui vont échoir au couple Tapie (dont 45 au titre du préjudice moral) à la suite d’un arrêt du Conseil d’État qui rejette le recours intenté par quelques députés, dont Courson, contre les conclusions d’un tribunal arbitral sur l’affaire Adidas-Crédit lyonnais. « J’ai gagné ! J’ai gagné ! » Stupéfiant car, si victoire il y a, c’est celle de Tapie, l’ami du président. Et pas du tout celle de l’État, contraint de faire un gros chèque.
Auteurs d’Un quinquennat à 500 milliards, Mélanie Delattre, journaliste au Point, et Emmanuel Lévy, à Marianne, recensent avec gourmandise et sévérité les petites et grandes libéralités du président de la République avec ses « amis » Liliane Bettencourt ou Guy Wildenstein, ou, fait moins connu, avec Hubert Martigny, auquel l’État a racheté à prix d’or la salle Pleyel. Quand ils ne cherchent pas la petite bête, les deux auteurs se mettent aussi en surplomb pour livrer aux lecteurs-électeurs le « vrai bilan » économique du quinquennat Sarkozy. Et là ils ne font pas dans la dentelle. Leur audit étant assez terrifiant, on pourrait le juger militant. Mais les faits sont les faits. Depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, la dette de la France a augmenté de 630 milliards d’euros, passant de 1 150 milliards à 1 780 milliards d’euros. Énorme. L’Élysée, relayé par Bercy, met ces résultats – « calamiteux », pourrait dire Alain Juppé – sur le compte de la crise économique la plus grave depuis 1929. Trop facile, rétorquent Delattre et Lévy. S’appuyant sur des documents officiels, ils montrent que la crise de 2008, en abaissant les recettes et en grevant les dépenses, aurait alourdi la dette de 109 milliards d’euros. Mais le reste, entièrement imputable au président, s’élève à 520 milliards d’euros (le titre de leur livre l’arrondit à 500). Explications : « Le budget dont a hérité Nicolas Sarkozy, à l’instar d’une voiture mal réglée (…), grillait 3,2 points de PIB. » Plutôt que de « soulever le capot pour régler la machine », l’Élysée a laissé filer. En ne freinant pas cette dérive, il a fait gonfler la dette de 370 milliards d’euros. Auxquels s’ajoutent 153 milliards, car « le nouveau président a aussi appuyé sur le champignon ». Nicolas Sarkozy, l’homme qui voulait mettre l’État à la diète, a fait bondir la dette publique de la France de 20 points (dont seulement 5,5 imputables à la crise) !
Le syndrome de Pénélope
Où est la « véritable révolution économique » promise au pays ? Le président a certes ouvert un nombre impressionnant de chantiers qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé toucher. Il s’est attaqué au marché de l’emploi, à la représentativité syndicale, au regroupement de Pôle emploi et des Assedic, à la carte des tribunaux, à la formation professionnelle et même aux régimes spéciaux de retraite (tout juste écornés, cependant)… L’hyperprésident a été hyperactif. Mais alors, pourquoi la réussite n’est-elle pas au rendez-vous ? En exposant les raisons de la dérive économique et financière du pays durant le quinquennat, les deux auteurs n’ont pu s’empêcher d’évoquer la personnalité d’un président qu’ils qualifient de « caméléon ». Pour eux, Nicolas Sarkozy « n’a jamais eu de véritable substrat idéologique en matière économique ». Libéral, il a un temps prôné des subprimes à la française ; interventionniste, il vole au secours des entreprises en difficulté, croyant, chaque fois, renouveler le coup d’Alstom ; ami des P-DG (ah ! le Fouquet’s), il flirte aussi avec la CGT.
Sarkozy schizophrène, comme le prétendent les auteurs ? Quatre ans après, en tout cas, son « message est brouillé ». Quand il arrive en 2007 à l’Élysée, Sarkozy est attiré par la Grande-Bretagne (surtout celle de Margaret Thatcher) et ignore l’Allemagne. En fin de mandat, c’est tout le contraire. Élu en promettant de baisser les prélèvements obligatoires de 4 points, il a fait preuve d’une redoutable créativité pour inventer des impôts : taxe sur le poisson, les huiles de moteur, la copie privée des disques durs, la téléphonie et Internet, les sodas, les assurances… L’acte économique fondateur du quinquennat, cela n’a pas échappé aux auteurs, c’est, bien sûr, la loi Tepa de l’été 2007. L’esprit en est limpide : il faut laisser les riches s’enrichir, car toute la société en profitera. Voilà comment arrivent les exonérations massives des droits de succession et le fameux bouclier fiscal, manière déguisée de réformer l’ISF. Voilà comment arrive aussi, en vertu du « travailler plus pour gagner plus », l’exonération d’impôts et de charges sur les heures supplémentaires, manière de contester les 35 heures. À ces mesures coûteuses s’ajouteront la pérennisation, l’augmentation ou la création de niches fiscales (exonération des plus-values sur les cessions de titres des entreprises, crédit impôt-recherche, TVA réduite pour les restaurateurs…). Le plus déconcertant, c’est que, dans une volte-face rare, le président va détricoter une partie de la loi Tepa. « Même au pays de l’instabilité fiscale, on n’avait jamais vu une majorité défaire en fin de mandat ce qu’elle avait voté à son arrivée. »
Le paradoxe de Bercy
Tout aussi troublant, à aucun moment la question d’une baisse des dépenses n’est posée. Elles ne cesseront donc de grimper (de 52,4 % du PIB à 57 %, niveau exceptionnel pour un grand pays industrialisé). Sarkozy a conforté son image de « dépensier » acquise lors de son passage au Budget en 1993. Ses tentatives pour dompter le mammouth étatique n’ont ni connu de grands résultats ni ouvert de grandes perspectives. Il est vrai que le président lui-même ne donne pas l’exemple. Si – et les auteurs le soulignent – le budget de l’Élysée n’a jamais été aussi transparent, cela n’empêche pas les dérapages : voyages multiples avec des cohortes d’accompagnants, augmentation des effectifs, factures de travaux, service d’ordre à l’américaine…
Plus sérieusement, la mesure emblématique consistant à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n’a pas produit de miracles comptables (264 millions d’euros net d’économies en 2009). Il est vrai que « plus de 80 % des économies sont allées non dans la poche du contribuable…, mais dans celle des fonctionnaires ». Le « 1 sur 2″ pécherait par son côté aveugle : « La démarche est purement quantitative. » Une critique que l’on retrouve pour la Révision générale des politiques publiques, qui ne s’interroge pas, comme l’ont fait le Canada et la Suède, sur l’utilité de certains services. Le dévoiement de ces bonnes intentions est illustré aussi par la fusion des deux services-phares de Bercy, la Direction générale des impôts (elle encaisse) et la Direction générale de la comptabilité publique (elle calcule).
Politique budgétaire
On ne compte plus les ministres qui se sont cassé les dents sur le projet. Beaucoup en avaient rêvé, Sarkozy, lui, l’a fait. Chapeau, l’artiste ! Pourtant, nos compères du Point et de Marianne (ils ont la dent dure) ne lui en reconnaissent qu’un mérite relatif. La fin des bastilles de Bercy, écrivent-ils, « aurait pu être érigée en symbole de la rupture promise avant la campagne ». Au lieu de cela, le gouvernement est très « discret sur le sujet ». La raison ? Les économies attendues ne sont pas au rendez-vous. Car « le choix a été fait d’aligner les salaires des personnels vers le haut », ce qui, pour certains, a engendré des gains de 30 à 40 % « sans bouger de leur siège ». Si les effectifs ont baissé, la masse des rémunérations, elle, a augmenté.
« Le président a toujours été plus pragmatique que dogmatique », résume un haut fonctionnaire chiraquien cité par Delattre et Lévy. Ils expliquent de la sorte les deux bonnes surprises du mandat, la réforme des universités et la réforme sur les retraites, cette dernière n’ayant jamais été promise par le candidat Sarkozy. Tout au contraire : « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer », déclarait-il. Les auteurs du Un quinquennat à 500 milliards expliquent l’activisme du président à propos des retraites par le besoin de l’Élysée d’accomplir en fin de mandat « un acte politique marquant » qui permet de faire apparaître la gauche comme ringarde. La stratégie marche plutôt bien. Au point, d’ailleurs, que le président cherche à refaire le coup avec la « règle d’or » sur les équilibres budgétaires, laquelle n’était pas non plus au programme. L’homme qui pèse 500 milliards n’a peur de rien. Car l’épisode de la Cades en dit long sur la conversion toute récente du président de la République à la vertu budgétaire. En octobre 2010, la Cades, caisse où l’on a pris l’habitude de loger les déficits de la Sécurité sociale, a été autorisée à emprunter 130 milliards d’euros supplémentaires. Créée par Alain Juppé en 1996, elle devait disparaître en 2009 (en même temps que sa recette, la CRDS, acquittée par tous les Français). Lionel Jospin avait repoussé l’échéance à 2014, Jacques Chirac à 2018. Sarkozy crève le plafond en passant à 2025. Dans la crise internationale, le « candidat de la rupture » a certes fait preuve d’esprit de décision et d’initiative, souligné dans le livre. En revanche, pour ce qui est de la politique budgétaire, « il n’a fait que marcher dans les traces de ses prédécesseurs ». Cela ne vaut pas condamnation, concluent Delattre et Lévy. Même si le mandat est un « fiasco » économique, « à quelques mois de la présidentielle tout laisse à penser que le président sortant sera davantage jugé sur sa stature d’homme d’État que sur son bilan ».
Sauf surprise, Nicolas Sarkozy devrait briguer un second mandat présidentiel cette année. Les Français sont pourtant très critiques sur le bilan de son quinquennat, selon un sondage exclusif Opinion Way pour Terra Nova, en partenariat avec Le nouvel Observateur, dans le cadre de la publication des bilans du gouvernement sur Debats2012.fr. Près de 70 % des personnes interrogées jugent négative l’action du chef de l’Etat depuis cinq ans. Retrouvez ci-dessous l’analyse détaillée de ce sondage par François Bazin, rédacteur en chef du service politique du nouvel Observateur, publiée dans l’hebdomadaire le 5 janvier 2011.
L’équation de la présidentielle, cru 2012, est sans doute plus simple qu’on ne veut bien le dire. Cela tient d’abord au contexte. La crise était encore l’année dernière essentiellement financière et internationale. Elle prend désormais un tour à la fois national et social. Montée du chomage, pression sur le pouvoir d’achat, avec, en toile de fond, la dette qui renforce la menace des agences de notation. Pour la première fois depuis plus de quinze ans – depuis 1995, en l’occurrence –, une compétition présidentielle va se jouer à l’écart des thématiques sécuritaires qui firent le miel de Jacques Chirac, en 2002, et de Nicolas Sarkozy, en 2007. Autre innovation et pas la moindre : jamais depuis 1981, un président sortant n’avait essayé de se faire réélire, hors phase préalable de cohabitation. L’effet quinquennat joue désormais à plein et l’hyperprésident supporte donc seul tout le poids de son bilan. Quand François Hollande entonne à tout-va que « le changement, c’est maintenant », il prend acte de cette nouvelle donne. Et quand Nicolas Sarkozy raconte à ses proches que sa seule chance de s’en sortir est « de rompre avec lui-même » en devenant de plus en plus président au moment où tous ses concurrents enfilent l’habit de candidat, c’est également cet écueil qu’il tente de contourner.
Jugement sévère y compris à droite
Est-ce jouable ? Le sondage OpinionWay réalisé pour Le nouvel Observateur et Terra Nova montre l’extraordinaire difficulté de cet exercice de transformisme. Car la personne de Nicolas Sarkozy n’est pas seule à être aujourd’hui rejetée par une large majorité des Français. La très légère embellie de la fin 2011 ne doit pas cacher l’essentiel. Dans l’exercice de comparaison qui va être celui de la vraie campagne présidentielle – celle qui a commencé début janvier – le bilan du président est le boulet du candidat. Le « capitaine courage », que prétend être Nicolas Sarkozy, ne peut convaincre que si la crise n’a pas tout emporté. C’est au fond le curieux paradoxe de la ligne de campagne du maître de l’Elysée. Pour montrer son sang-froid, il a besoin d’une tempête alors que, pour regagner la confiance, il faudrait qu’elle se calme. Là encore la question du bilan intervient comme la preuve des capacités supposées de Nicolas Sarkozy.
Or, pour 70% des Français, ledit bilan reste globalement négatif (voir tableau 1). 33 % l’estiment même « très négatif ». Ce jugement sévère, après cinq ans d’exercice du pouvoir, est partagé par toutes les familles d’électeurs, hormis ceux de la droite qui malgré tout sont un quart à se démarquer de leur supposé champion. Jamais un président en exercice n’avait abordé une présidentielle dans une situation aussi défavorable. Il y a d’ailleurs une logique entre la perception de son bilan et l’ampleur de sa défaite annoncée par les sondages d’intention de vote pour le second tour de la présidentielle. Si Nicolas Sarkozy rassemble, c’est d’abord contre lui.
Un lien brisé avec les Français
La faute à la crise ? C’est l’antienne de l’Elysée. Elle ne convainc pas les Français. Face aux difficultés de l’heure, ces derniers font au président sortant un procès en insincérité. 73 % estiment qu’il n’a pas été fidèle à ses promesses de campagne et, parmi eux, 57 % pensent qu’il n’avait d’ailleurs pas l’intention de les tenir (voir tableau 3).
Ce chiffre-là est à coup sûr le plus inquiétant pour lui. Il l’enferme dans un double piège. Dès lors que sa parole est à ce point dévaluée, il ne peut assumer ni ce qu’il a été ni ce qu’il voudrait être. L’argument de la crise, en tout cas, ne suffit pas. Là encore, seule la droite veut bien y croire encore. Ce qui explique – mince consolation ! – qu’au premier tour de la présidentielle, selon tous les sondages d’intention de vote, le président sortant parvienne à surnager face à la menace lepéniste. Pour le reste, le lien s’est brisé entre l’Elysée et les Français. Gardien de l’essentiel, selon la formule du général de Gaulle, le président est aussi le garant du bon fonctionnement de la démocratie.
Sur ce terrain-là aussi, la dévaluation de la parole sarkozyste atteint la fonction : pour 49 % des Français, la démocratie n’a cessé de s’affaiblir depuis bientôt cinq ans (voir tableau 2). Un peu comme si l’hyperprésidence était perçue comme une concentration néfaste du pouvoir et non comme la marque d’une responsabilité assumée après les longs règnes – Sarkozy dixit – de ces « rois fainéants » nommés Mitterrand et surtout Chirac.
Le style, c’est l’homme. Pour caractériser l’action présidentielle, depuis 2007, les Français choisissent un mot qui vaut à la fois pour Nicolas Sarkozy et pour la politique qu’il mène. « Dure » pour 42 %, celle-ci n’est « juste » que pour 10 %. « Libérale » pour 29 %, elle n’est « protectrice » que pour 8% (voir tableau 4).
Le sarkozysme présidentiel n’incarne pas une ligne politique mais une manière d’agir. L’insincérité dont il est crédité rejoint en ce sens l’indétermination qu’on lui prête. Qu’est-ce que le sarkozysme, au final, sinon une manière compacte et rude, très peu rassembleuse et trop peu efficace, de conduire les affaires de la France ? Si le président sortant doit être battu, au printemps prochain, c’est sur la base d’un bilan dont on voit bien qu’il le concerne au premier chef, tant il est impossible de faire la distinction entre ce qu’il est et ce qu’il a voulu. Nicolas Sarkozy – on le vérifie dans toutes les questions posées par OpinionWay – conserve le soutien de ce qui reste de la droite. Mais, dès qu’on interroge les Français sur son action, rejaillissent des perceptions qui tiennent aussi à la personnalité du candidat. A l’évidence, en politique comme dans la vie, c’est toujours la première impression qui est la bonne et, en tout cas, la plus durable. A l’heure du jugement, l’entame du quinquennat, symbolisée par la fête du Fouquet’s et sa brochette de puissants, continue de peser lourd, dans l’esprit de l’opinion, même quand elle est confrontée à la perspective d’un nouveau mandat.
La nature du sarkozysme, du même coup, est d’être perçue comme « dure » avant de s’inscrire dans les catégories habituelles de la gauche et de la droite. Sur ce plan-là, il y a chez les Français une forme de trouble qui dit sans doute la manière dont le président sortant peut échapper, dans la campagne, à la seule logique du bilan et donc de la défaite assurée. Quand on demande aux personnes interrogées par OpinionWay de classer Nicolas Sarkozy sur un axe gauche-droite, on s’aperçoit que la perception de son positionnement est moins nette aujourd’hui qu’en 2007 (voir tableau 5).
Dans le souvenir des Français, c’est un homme de la droite – du cœur de la droite classique – qui est entré il y a cinq ans à l’Elysée. Celui qui remet aujourd’hui son mandat en jeu est jugé à la fois plus droitier, plus proche de la droite extrême et à la fois plus complexe, notamment pour les électeurs du MoDem ou du FN qui estiment qu’il s’est même gauchisé. A droite, on note, dans le même registre, un léger recentrage présidentiel. Ces mouvements browniens ne modifient qu’à la marge le positionnement supposé du chef de l’Etat. Mais, sans doute est-ce dans cette perception d’une inclassabilité potentielle que se trouve pour Sarkozy la voie étroite du salut.
Un président paradoxal, dur et trop peu cru
Le palais de l’Elysée, avec les moyens qu’il offre et surtout le statut qu’il confère, reste le dernier bien d’un roi dont les Français voient qu’il est nu mais qui n’en demeure pas moins le souverain en titre. Tel était d’ailleurs le vrai sens de l’allocution présidentielle, au soir du 31 décembre. Le vœu le plus cher de Nicolas Sarkozy est de rester en place et, pour cela, le moyen le plus simple est encore d’abandonner le plus tard possible son fauteuil. Encore un moment… C’est dans la perception, thème par thème, de l’action présidentielle, depuis 2007, qu’on mesure la réalité d’un pôle sinon d’excellence, du moins de compétitivité, dont Nicolas Sarkozy aura le monopole d’ici au 6 mai 2012. Action lors du G20, action face à la crise européenne, place de la France dans le monde : ce sont les trois domaines où il continue à recueillir l’assentiment majoritaire. C’est sur le régalien, marque de fabrique de tout président, que survit le sarkozysme. La « dureté » prêtée par les Français à Nicolas Sarkozy peut trouver sur ce terrain – et sur lui seul – une application jugée positive dès lors qu’elle flatte la fierté nationale. Quel autre choix possible, au demeurant, puisque c’est dans la lutte contre les inégalités et le chômage ainsi que dans la défense du pouvoir d’achat qu’il est jugé le moins performant (voir tableau 6).
La question de la crise n’est pas seulement en surplomb de la présidentielle. Elle irrigue l’ensemble du débat. Cela vaut pour tous les candidats. Notamment pour François Hollande qui appelle d’autant plus fortement au « changement » que celui-ci ne peut être que mince. Mais elle s’impose surtout à Nicolas Sarkozy comme le thème incontournable du combat le plus risqué de sa longue carrière. Président dans la crise ou président de crise ? L’un subit, l’autre agit. L’un poursuit, l’autre rompt. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’à l’Elysée c’est le Sarkozy nouveau dont on taille, vaille que vaille, les habits neufs. Au-delà du contexte qui s’impose à tous, il y a quand même un certain fatalisme, de la part d’un président sortant, à se laisser ainsi déporter sur le terrain certes valorisant mais, ô combien, complexe de l’action internationale ou même européenne. Mais la conjoncture est telle qu’elle impose ce double registre puisque ses solutions sont souvent extérieures et ses effets essentiellement internes. Nicolas Sarkozy est un président paradoxal : dur et trop peu cru à la fois. C’est du même coup un candidat en grand danger : sans marge aucune alors même que l’action est son ultime viatique. S’il gagne, c’est qu’il est fort, très fort !
Tout d’abord, je me permets de vous adresser mes voeux les plus cordiaux pour cette nouvelle année pour vous et pour vos proches. Que vos souhaits trouvent la réalisation espérée.
Une année 2012 qui s’annonce importante pour l’avenir de notre pays.
Après cinq années sous la présidence de Nicolas SARKOZY, et avec au surplus la crise financière européenne, la FRANCE apparaît affaiblit, divisée et déprimée. Le chomage ne cesse d’augmenter, les déficits explosent, les fractures sociales et spatiales se sont amplifiées et bon nombre de nos compatriotes ne voient plus d’avenir à l’avenir.
Le changement est nécessaire et attendu. Il faut arrêter les promesses démagogiques et les allégations hasardeuses. En 2007, certains ont cru qu’avec un homme, « tout deviendrait possible ». or, cinq ans après, les engagements du candidat de l’UMP se sont fracassées sur le récif de la réalité quotidienne de la vie des gens qui est devenue plus dure, plus âpre et plus tendue.
Victor HUGO le disait : »Le pas collectif du genre humain s’appelle le progrès ».
C’est avec une FRANCE rassemblée, une FRANCE apaisée, que derrière François HOLLANDE, nous devrons relever les défis de demain : Rétablir la confiance en la démocratie, Privilégier l’idée de justice, repenser une société plus humaine, plus fraternelle et plus respectueuse, Revivifier notre République et surtout, travailler pour fournir à nos enfants et à nos petits enfants un avenir plus serein.
Les élections présidentielles d’avril/mai et les élections législatives de juin seront donc déterminantes. 2012 est bien une année d’espérances et doit être l’année du changement.
Dans son discours de Périgueux en mai 2011, François HOLLANDE concluait : Dans cette campagne, il va falloir redonner de la fierté. La meilleure façon d’être fier ensemble c’est de dire devant ses enfants : »Voilà, le FRANCE que je veux doit être une FRANCE belle pour ta génération parce que c’est toi qui fera après nous la FRANCE que nous aimons. »
François Hollande a dénoncé vendredi 16 décembre le « triple échec de Nicolas Sarkozy » face à la crise économique. « Je ne sais pas [ce qu'il se passe] avec le triple A mais pour l’instant il y a un triple échec de Nicolas Sarkozy: échec par rapport à l’obligation de croissance, nous sommes en récession, échec par rapport à l’objectif de réduire le chômage, échec par rapport à la réduction des déficits », a déclaré le candidat socialiste, lors d’un déplacement à Rome, au siège du Parti démocrate.
« Les objectifs de réduction de déficits ne pourront pas être atteints et, en cinq mois, il y aura un troisième plan de rigueur parce que nous allons décrocher par rapport à ce que nous avons nous-mêmes dit aux autorités européennes ».
Compte tenu de cette situation, « je préfère le dire aux Français, c’est la vérité que je leur dois: nous ne pourrons pas tout promettre. C’est la raison pour laquelle j’ai hiérarchisé les priorités », avec en tête celle de « la jeunesse », a aussi déclaré le candidat à l’Elysée.
Selon lui, « il n’y aura de redressement possible que s’il y a plus de production » par « la réindustrialisation et plus de justice sociale ».
« Changer la pratique de la BCE »
François Hollande a également affirmé ce vendredi qu’il restait « favorable à la renégociation d’un traité » européen, afin notamment de renforcer les prérogatives de la Banque centrale européenne (BCE). « Je préférerais un changement dans la pratique qu’un changement dans le traité », déclare-t-il dans un entretien au quotidien américain The Wall Street Journal.
Invité à expliciter ses propos tenus à Rome, François Hollande a par ailleurs affirmé: « Aujourd’hui, ce qui m’importe, ce serait de changer la pratique de la BCE pour qu’elle puisse acheter des titres en premier et dernier ressorts, plutôt que de rentrer dans la négociation sur un nouveau traité concernant la BCE ».
« Je suis favorable à la renégociation d’un traité (…) mais je sais que l’urgence commande d’abord de changer la pratique de l’intervention de la BCE ».
« Rééquilibrer et compléter le futur traité »
Le 12 décembre, François Hollande avait déclaré: « Si je suis élu président de la République, je renégocierai cet accord [européen du 9 décembre, NLDR] pour y mettre ce qui lui manque aujourd’hui ». A savoir : la possibilité d’une intervention accrue de la BCE, l’introduction d’eurobonds pour mutualiser les dettes des pays de la zone euro (jugés par de nombreux économistes comme une des seules mesures susceptibles de calmer les marchés), un fonds de secours financier « doté à un niveau élevé » et des mesures pour favoriser la croissance.
Vendredi, dans une tribune publiée dans Le Monde, le candidat du PS affirme enfin vouloir, s’il est élu, « rééquilibrer et compléter le futur traité dans l’esprit de responsabilité, de gouvernance et de croissance que je réclame, avec mes amis de la gauche européenne ».
Présent ce samedi,à la halle Freyssinet pour le discours d’investiture du candidat vainqueur des primaires citoyennes, j’ai beaucoup apprécié le discours prononcé par François Hollande.
il a conclu un discours fondateur pour les socialistes, les radicaux et pour la gauche dans tout son ensemble. Pacte démocratique, de vérité, de productivité, une vue pour l’Europe et le Monde : ce sont des paroles de Président que notre candidat a prononcées à l’issue d’une convention d’investiture qui fera date dans l’histoire.
Le voici en intégralité :
« Je viens vous parler de la France, de ce qu’elle subit, de ce qu’elle attend, de ce qu’elle espère. Je viens vous parler de la France durement touchée par une crise provoquée par l’irresponsabilité de la France aggravée par la faiblesse de nos gouvernants. Mais je viens vous parler de la France qui a tant de force en elle-même, tant d’atouts disponibles qu’elle sait mériter un autre destin si nous lui proposons un autre chemin.
Je veux d’abord vous saluer, vous les militants, vous les élus, vous les dirigeants de cette grande formation qu’est le Parti socialiste. Mon parti. Un parti qui a une grande histoire. Plus d’un siècle. Un parti qui a contribué à l’affirmation de la République, qui a fait avancer le progrès social, pris des décisions courageuses pour les libertés, qui a servi la France et construit l’Europe.
Un parti qui a toujours su se dépasser, se changer pour être davantage lui-même. Un parti capable d’inventer, d’innover, d’imaginer la démocratie de demain.
Nous l’avons montré avec les primaires citoyennes. Ce défi qu’il s’était lancé à lui même, qu’il a su relever. Et avec quel succès, 3 millions de votants, deux dimanches de suite et une organisation aussi transparente qu’incontestable.
Cette réussite, nous la devons à ceux qui en ont eu l’idée, aux adhérents qui ont su abandonner un pouvoir, celui de la désignation du candidat pour le confier à tous les citoyens. Nous la devons aux sympathisants qui ont tenus méticuleusement les bureaux de vote. A la direction du Parti socialiste. Martine Aubry qui l’a engagé. Harlem Désir qui l’a mené à bien.
Ma gratitude va aux candidats.
Jean-Michel Baylet qui a permis au Parti radical de gauche d’être associé au processus, Manuel Valls qui représente une nouvelle génération qui a soif d’action, Arnaud Montebourg qui a installé des thèmes forts dans cette campagne, Ségolène[1] Royal qui a inspiré tant d’approche nouvelles et Martine Aubry dont j’apprécie la force de conviction et la loyauté. Ils ont ouvert une époque nouvelle dans la vie politique. Les primaires citoyennes ne resteront pas sans lendemain, ni ici, ni ailleurs.
Nous ouvrons aujourd’hui une phase nouvelle qui n’aura rien à voir avec celle qui s’achève. Nous changeons d’enjeu. Nous étions dans la pluralité. Nous sommes désormais dans l’unité. Nous étions entre nous, nous sommes tournés vers les Français. Nous étions dans le débat. Nous sommes dans le combat. Le combat, contre la droite et l’extrême droite. Le combat pour le changement, le combat pour la victoire.
Je mesure l’honneur qui m’est fait. Je prends la dimension de la tâche qui m’attend. Je devine l’espoir qui vous anime. Cet espoir me porte, et m’oblige.Vous m’avez investi d’une mission, la plus belle qui soit pour un socialiste, celle de faire gagner la gauche, celle de faire réussir la France.
Depuis mon premier engagement, j’ai voulu représenter mes concitoyens. Pendant plus de dix-ans j’ai dirigé notre parti. Depuis des mois je poursuis inlassablement une démarche de candidature qui me conduit jusqu’à ce moment, celui de l’investiture Je me suis minutieusement préparé. J’ai parcouru la France. J’ai perçu la voix d’un peuple blessé par tant de promesses fallacieuses, tant d’inégalités injustifiées, tant d’humiliations insupportables.
J’ai entendu la plainte des ouvriers, brisés par l’injustice de décisions qui les frappent motivées par le seul profit. Des employés, qui expriment, parfois dans la honte, leur souffrance au travail, celle des agriculteurs qui travaillent sans compter leurs heures pour des revenus de misère, celle des entrepreneurs qui se découragent faute de pouvoir accéder au crédit, celle des jeunes qui ne sont pas reconnus dans leurs droits, celle des retraités qui craignent, après les avoir conquis, de les perdre. Celle des créateurs qui se sentent négligés. Bref, la plainte de tous ceux pour lesquels nous luttons, nous les socialistes.
J’ai saisi le désarroi de tous ceux qui aiment leur pays et qui s’affligent de le voir dégradé, affaibli – et parfois moqué – par une politique improvisée, incohérente et parfois burlesque.
Mais, j’ai perçu aussi la vigueur de nos potentiels, notre vitalité démographique, nos savoirs-faire, nos services publics, notre recherche, nos territoires, notre jeunesse, notre diversité, notre culture, notre langue. Bref de toutes les ressources qui font que nous sommes la France.
C’est l’appel de tout un pays qui s’adresse à nous, il attend un acte fort, une vision pénétrante, un projet collectif pour ré-enchanter le rêve français. Là est ma mission.
Souvent la France s’est retrouvée au premier rang des Nations, souvent elle a donné l’exemple.
Ce temps peut revenir. Nous avons su surmonter des épreuves bien plus redoutables, nous sommes un grand peuple plein de lucidité et de courage. Les valeurs de la République ne sont pas un fardeau mais un levier dans la mondialisation. Notre pays recèle d’initiatives, d’engagements, d’investissements encore trop retenus. Le sursaut est possible. Chassons les divisions, les stigmatisations, les dénigrements, proposons un rassemblement autour de la réussite de la génération qui vient, de sa place, de sa promotion, des conditions de son plein accomplissement.
Je dis le rêve français. Et à l’énoncé du mot, j’entends les sarcasmes de la droite : « on ne fait pas la politique avec du rêve ». Surtout avec le bilan qu’elle nous laisse. Et pourtant me revient une belle phrase d’un ancien président de la République : « les gens veulent que leur histoire leur ressemble ou au moins qu’elle ressemble à leurs rêves ». Voilà De Gaulle qui leur répond. (Lire la suite…)
Après Jean-Michel BAYLET, Manuel VALLS, Ségolène ROYAL, c’est au tout d’Arnaud MONTEBOURG d’annoncer son soutien à François HOLLANDE lors du second tour de la primaire citoyenne qui a lieu ce dimanche.
Arnaud Montebourg, le 9 octobre 2011, après l’annonce des résultats du premier tour de la primaire le classant troisième.AFP/THOMAS COEX
Arnaud Montebourg, qui a obtenu 17 % des voix au premier tour de la primaire socialiste le 9 octobre, explique son refus de donner une consigne de vote pour dimanche.
Quel message adressez-vous à vos électeurs pour le second tour ?
J’ai un premier devoir : respecter la liberté de choix des Françaises et des Français qui m’ont fait confiance. J’ai voulu pleinement les éclairer par les échanges de lettres publiques que j’ai eus avec Martine Aubry et François Hollande. Les citoyens peuvent désormais faire leur choix en leur âme et conscience, et je me refuse à donner une consigne de vote. Car dans le mot consigne, il y a l’image de la caserne et de l’enfermement qui est incompatible avec l’esprit de la primaire et de la VIe République. Chacun se déterminera au vu des choix exprimés par les candidats.
Quel bulletin glisserez-vous dans l’urne dimanche ?
Pierre Mendès France disait : « Gouverner, c’est choisir. » Même lorsque cela est difficile. Il me paraît de l’ordre des qualités demandées à un dirigeant politique de ne pas se dérober. C’est mon second devoir. Dans ce choix, il y a d’abord l’obligation de fairegagner la gauche en 2012. Les propositions des deux candidats étant pour moi équivalentes, je ne peux me déterminer en fonction de ma seule éthique de conviction. C’est pourquoi mon choix relèvera avant tout de l’éthique de responsabilité : je veux fairegagner la gauche et battre Nicolas Sarkozy. A titre exclusivement personnel, je voterai donc pour François Hollande, arrivé en tête du premier tour, à mes yeux meilleur rassembleur. Il a su dans sa lettre jeter un pont entre nos deux rives, et je lui en sais gré.
En votant François Hollande, ne cédez-vous pas à l’argument du vote utile ?
Mais je souhaite être utile ! Utile à la gauche et à la France. Au premier tour, on choisit par conviction. Au second, on choisit l’efficacité. Comme tous les candidats de premier tour, dont mon amie Ségolène Royal qui a formulé souvent des propositions similaires aux miennes, je choisis de voter François Hollande. Mieux vaut éviter la fragmentation, donner de la force à celui qui est arrivé en tête et soutenir le meilleur rassembleur, plutôt que de rester sur mon Aventin. Le résultat de la primaire ne doit pas donner le signal de l’impossibilité de rassemblement. Ce serait une preuve offerte au sarkozysme de notre incapacité à nous unir.
Ne craignez-vous pas de heurter vos cadres locaux, plutôt favorables à Martine Aubry ?
Chacun de mes amis fera son choix en conscience, et je le respecterai. Je n’ai pas d’argument qui me permette de penser que Martine serait plus à gauche que François, ou l’inverse d’ailleurs ! Leur choix doit être libre. La décision leur appartient, tout comme la mienne.
N’y a-t-il pas une contradiction à voter pour M. Hollande après avoir souligné pendant toute votre campagne sa proximité avec Mme Aubry ?
Non. Je continue de penser, surtout après le débat de mercredi soir, que ces deux candidatures sont identiques, et qu’elles auraient dû se mettre d’accord dès le début. Si j’avais été au deuxième tour, nous aurions eu un débat d’orientation plutôt qu’un débat de tempéraments et de personnes. Mais j’ai mené cette campagne pour changer la gauche, pour que celle-ci puisse à son tour changer la France. Pas pour témoigner.
En quoi leurs réponses à votre lettre ouverte aux finalistes ont-elles guidé votre choix ?
J’ai utilisé une méthode innovante et inédite dans l’histoire de la Ve République : questionner publiquement, par écrit, les deux candidats. Ceux-ci m’ont répondu de façon sincère et précise, et je les en remercie. Je les ai rencontrés pour une conversation approfondie. Et eux-mêmes ont choisi de rendre publique la lettre qu’ils m’ont adressée et qui vaut engagement de leur part pour l’avenir.
M. Hollande et Mme Aubry se seraient donc subitement convertis à vos thèses ?
Non, et je ne le leur demandais pas. Mais tous deux ont réalisé une forme de dépassement d’eux-mêmes. Ils ont avancé vers la mise sous contrôle des banques et la lutte contre la concurrence déloyale mondiale. Tous deux ont repris des morceaux de VIe République, même en pièces détachées… Mon travail, dans cet entre-deux-tours, aura été celui d’un éclaireur. Certains ont dit que j’aurais été arrogant. C’est se méprendre. J’ai perdu cette élection, je suis arrivé troisième. Mais ma manière d’interpeller les autres candidats était une façon pour moi de marquer une fidélité à ces gens qui attendent que la gauche soit différente de celle que nous avons connue dans le passé.
Quelles garanties avez-vous obtenues de M. Hollande concernant vos propositions ?
Les garanties sont les engagements que Martine et François ont pris devant les Français et qu’ils ont rendus publics dans leur lettre.
Avez-vous évoqué avec M.Hollande la question des postes que vous et vos proches occuperiez dans son équipe de campagne si d’aventure il était désigné ?
Non. Je ne suis candidat à aucune fonction dans la campagne, car j’ai déclaré depuis le début de cette primaire que je serai au service du vainqueur, quel qu’il soit.
Dans quel rôle ?
J’en parlerai avec le candidat investi, le moment venu et selon ses besoins.
Votre contentieux avec Martine Aubry sur le cas de Jean-Noël Guérini, ex-patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, a-t-il joué dans votre décision ?
Non. Il est vrai que j’avais été mis en accusation au bureau national pour avoir dit, à juste titre, ce qu’il fallait penser des pratiques du système Guérini. Mais je m’en suis expliqué jeudi avec Martine. J’ai écarté toute considération personnelle. On ne fonde pas des choix pour la France sur des déceptions intimes.
Comment comptez-vous capitaliser sur ces 17 % recueillis au premier tour ?
Mon combat pour cette « Nouvelle France » va continuer. Mes idées sont désormais à l’ordre du jour du débat politique. Dès lundi 17 octobre, quel que soit le résultat, je serai au service du vainqueur et entamerai une tournée européenne pour défendre les propositions et solutions que j’ai portées dans le débat de la primaire. Je me rendrai d’abord en Espagne pour y présenter mon livre, qui vient d’y être traduit, et les idées démondialisatrices et européennes que je défends.
Quel bilan tirez-vous d’ores et déjà de cette primaire ?
Cette primaire, que j’ai réussi à imposer au PS, a créé une situation nouvelle et extraordinaire. Même la droite nous envie cette innovation démocratique majeure. Le PS a réussi à intéresser 2,5 millions de citoyens, à dépasser un projet fabriqué en laboratoire clos, issu des alambics des équilibres de courants et de chapelles. S’il réussit l’unification, nous serons très forts face à Nicolas Sarkozy. Nous pouvons être fiers. De la vieille chenille vient de sortir un beau papillon.
Les résultats des premières primaires citoyennes ont été, tout d’abord, avec plus de deux millions de votants, un formidable succès de modernisation de la vie politique et de démocratie participative. Il y aura un avant et un après cette primaire citoyenne qui, je le pense, sera utilisée pour d’autres élections. Un mot également sur l’organisation du scrutin qui fut très bonne : Aucun problème pour la signature de la Charte, pour l’acquittement de l’euro symbolique et pour le déroulement des opérations de votes.
Les résultats sont connus te je dois dire que le score obtenu par Jean-Michel BAYLET (1%) est extrêmement décevant.
Il y avait un Bureau National du PRG hier lundi et voici un extrait de mon intervention :
» (…) La campagne des primaires de Jean-Michel BAYLET a permis au PRG de sortir de l’ornière médiatique dans laquelle il était depuis de trop nombreuses années.
Il y a eu un capital de sympathie envers notre candidat qui ne s’est pas transformé en capital électoral. Le score n’est pas bon et je rejoins Eric MONTES sur sa proposition de réunir un comité directeur pour analyser la campagne, ce qui a marché, les erreurs qui ont été faîtes dans l’organisation et il y en a eu, notamment celle d’être parti en campagne beaucoup trop tard alors que certains, comme MONTEBOURG, ont commencé il y a dix mois.
(…)
Le choix que nous devons faire pour le second tour des primaires m’apparait évidemment aller de soi vers François HOLLANDE.
Outre le fait que son positionnement politique est le plus proche du notre, il apparait celui le plus à même de battre Nicolas SARKOZY, ce qui reste l’objectif commun.(…) ».
Il y a un moment où malgré les interventions diverses et variées, il faut que la justice passe…
L’enquête du juge Renaud Van Ruymbeke sur le financement de la campagne présidentielle de 1995 s’est accélérée mercredi avec le défèrement d’un ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy et le placement en garde à vue d’un autre proche du chef de l’État, Nicolas Bazire. Ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur, Nicolas Bazire, qui fut également le directeur de la campagne présidentielle de l’ex-Premier ministre, a été interpellé mercredi matin à Paris et placé en garde à vue, a-t-on indiqué de source proche de l’enquête, confirmant une information du jdd.fr. Son domicile et ses locaux professionnels font l’objet d’une perquisition par les enquêteurs de la Division nationale des investigations financières (Dnif), a-t-on indiqué de source proche du dossier.
Proche d’Édouard Balladur, Nicolas Bazire est également un proche de Nicolas Sarkozy et travaille désormais pour le groupe LVMH de Bernard Arnault. Parallèlement, Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly et au ministère du Budget, devait être déféré dans la journée devant le juge Van Ruymbeke, après avoir passé 48 heures en garde à vue, a-t-on indiqué de source judiciaire. Les enquêteurs s’intéressent aux liens éventuels de Thierry Gaubert et de Nicolas Bazire avec l’homme d’affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, présenté comme intermédiaire dans deux contrats d’armement sur lesquels enquêtent les juges Van Ruymbeke et Roger Le Loire.
« Recel d’abus de biens sociaux »
Les juges cherchent à savoir si les commissions versées sur ces contrats ont pu alimenter la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995. Selon un témoignage révélé par Mediapart et Le Nouvel Observateur, la princesse Hélène de Yougoslavie, qui a vécu un divorce difficile avec Thierry Gaubert, a expliqué aux enquêteurs que son ex-mari avait accompagné Ziad Takieddine en Suisse pour aller chercher des valises « volumineuses de billets » durant la période 1994-1995. Selon elle, l’homme qui récupérait les « mallettes » en France était Nicolas Bazire. Ces nouveaux développements interviennent alors que Ziad Takieddine a été mis en examen pour « complicité et recel d’abus de biens sociaux » la semaine passée par le juge Van Ruymbeke.
L’homme d’affaires franco-libanais est présenté par plusieurs témoins cités au dossier comme un intermédiaire imposé par le cabinet de l’ancien ministre balladurien de la Défense, François Léotard, peu de temps avant la conclusion en 1994 au Pakistan d’un contrat de vente de sous-marins.
Vente de frégates
Ziad Takieddine reconnaît avoir joué un rôle légal d’intermédiaire dans l’autre contrat visé par l’enquête, la vente de frégates à l’Arabie saoudite, mais pas dans le contrat pakistanais. Sur le financement de la campagne électorale de M. Balladur, l’enquête a fait apparaître le versement d’importantes sommes en espèces sur son compte de campagne. Ainsi, 15 millions de francs ont été versés, la majeure partie en grosses coupures (500 francs), alors que les meetings ne rapportaient que des petites coupures (10 à 20 francs). En outre, 5,2 ou 5,3 millions de francs avaient été remis en espèces à Olivier Michaud, responsable de la société de sécurité des meetings.
Deux témoins ont aussi évoqué la présence d’un coffre-fort dans le bureau de M. Bazire au siège de la campagne de l’ancien Premier ministre. Pour expliquer la présence de ces fortes sommes d’argent liquide, M. Balladur a indiqué, à plusieurs reprises, qu’elles provenaient de la vente de gadgets (tee-shirt, etc.) durant les meetings. Une explication également donnée au Conseil constitutionnel, chargé de valider les comptes de campagnes, par Francis Lamy, mandataire d’Édouard Balladur.