Bien vu
Jeudi 1 avril 2010
par Joel Didier ENGO, Président de l’Association NOUS PAS BOUGER
Je suis de ceux (forcément à Gauche), qui ont toujours eu la naïveté de penser que dans une économie libérale, les pauvres sont aussi des agents économiques (réels ou potentiels), mus naturellement par des besoins et des envies. Ce qui peut ou doit avoir comme conséquence: soit d’accentuer leur paupérisation, en partie à cause du démantèlement de l’état providence et son corollaire la suppression progressive des droits sociaux ; soit d’en faire des classes moyennes (inférieures et supérieures), grâce au maintien des filets de protection sociale (sécurité sociale universelle, éducation gratuite, progressivité salariale et fiscale.
Sans excuser ni encourager l’économie parallèle, l’assistanat, voire les trafics en tous genres, force est de constater, donc de reconnaître que le dogme néo-libéral et sa panoplie d’injustice fiscale et sociale, agissent d’abord comme de véritables usines à précarité sociale, et portent en germe le développement des réseaux informels. C’est tout simplement naturel et humain…
Et le bouclier fiscal dans tout ça !?
Sur un autre terrain (si ce n’est le même terrain économique), il est souvent amusant d’entendre les ténors de l’UMP en France, notamment l’ex-ministre du budget Eric WOERTH (nouveau ministre du travail), nous expliquer sans arrêt que le maintien du bouclier fiscal et toutes les mesures concourant à la réduction des effectifs dans la fonction publique (au sens large), sont faits pour renforcer l’attractivité économique de la France. Je comprends que ces idéologues n’ont véritablement jamais vécu ni travaillé (de leur propre initiative et sans filet de sécurité professionnelle) dans une économie essentiellement libérale comme celle des USA (sous Ronald Reagan, Bill Clinton ou GW Bush ), ou en Australie (sous le libéral emblématique John Howard).
Car je ne sais pas combien de grandes fortunes (mondiales ou françaises) sont restées ou venues s’installer en France grâce au bouclier fiscal. Mais je puis témoigner de ma modeste expérience dans ces pays dits libéraux, que l’attractivité économique de la France auprès des investisseurs étrangers notamment, se fait et se fera d’abord sur son modèle social, qui réussissait jusqu’ici à offrir un plein épanouissement économique, social et culturel à ses habitants (indépendamment de leur origine sociale). Ce qui créait des villes et un pays où il faisait bon vivre, et surtout où l’investisseur étranger pouvait trouver un cadre de vie attrayant pour sa famille et ses collaborateurs.
C’est cela la vraie valeur ajoutée de la France dans la globalisation, en comparaison à d’autres grandes économies mondiales et émergentes. Elle ne pourra les concurrencer et les supplanter en exhibant la même arme d’un libéralisme effréné et débridé. Elle y laissera inévitablement son identité sociale, et une part non négligeable de son attractivité ou compétitivité économique.
C’est la (simple) donnée factuelle à laquelle je crois.
Je vous remercie.



Article intéressant publié sur le site du figaro (et oui…) qui donne un aperçu des conséquences de la mesure du bouclier fiscal où l’on voit que 100 foyers fiscaux ont reçu de l’Etat 180 millions d’euros.




