Le discours d’un Président
Le Point.fr -
16 h 39 : La Marseillaise retentit. Le discours s’achève sous une telle ovation que Hollande en devient presque inaudible. « Je me permets de citer Shakespeare, clame-t-il : ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve. » « Le rêve, c’est la confiance dans l’avenir, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, que l’argent, que les croyances, que les religions. Le rêve, c’est… la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité. C’est le creuset qui permet d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose. » Puis il conclut avec force : « La France n’est pas un problème, la France est la solution. Le changement, c’est maintenant ; l’espérance, c’est maintenant ; la République, c’est maintenant ; dans trois mois, nous ferons gagner la gauche et nous réussirons.
16 h 29 : Hollande aborde le sujet qu’il affirme être la colonne vertébrale de son projet : la jeunesse. « Notre jeunesse est sacrifiée, reléguée, abandonnée : chômage, accès au logement difficile, etc. Et pourtant, la jeunesse, c’est notre chance. C’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. C’est la raison pour laquelle je veux faire de l’Éducation une grande cause. J’ai proposé de créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale ; pas simplement des professeurs, mais des surveillants, des infirmières, des assistantes sociales. On me dit : c’est trop ! Je dis : ce n’est peut-être pas assez. »
Cette proposition a créé une polémique cette semaine. Hollande annonce la création de 150 000 emplois d’avenir et reprend son idée du contrat de génération.
16 h 20 : Hollande prend date : « Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement. » Il prend aussi un engagement pour l’école : « Je veux faire de l’éducation une grande cause nationale », déclare François Hollande, qui réaffirme son objectif de créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale. Son objectif est de diviser par deux le nombre de jeunes en situation d’échec scolaire à la fin du quinquennat.
16 h 14 : Sur le logement, Hollande fait des propositions. « L’État montrera l’exemple, affirme le candidat, qui s’engage à mettre immédiatement à la disposition des collectivités locales tous ses terrains disponibles pour y construire des logements » et multipliera « par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes qui bafouent la loi de solidarité urbaine » qui impose 20 % de logements sociaux.
16 h 05 : « Chaque nation a une âme. L’âme de la France, c’est l’égalité. » « Seule la justice doit guider notre action », affirme avec force François Hollande. « Les Français n’ont rien à craindre de l’égalité de la justice, de la redistribution. Les Français doivent savoir que s’ils m’élisent, avant tout effort, toute décision, toute loi, tout décret, je me poserai une seule question : est-ce que ce que l’on propose est juste ? Si ce n’est pas juste, je l’écarte. »
Puis il évoque sa réforme fiscale. C’est pour la justice que je reviendrai sur les allégements de l’impôt sur la fortune, que les revenus du capital soient taxés comme ceux du travail. Qui peut trouver normal qu’on gagne plus d’argent en dormant qu’en travaillant ? » « C’est pour la justice que je porterai à 45 % la tranche de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros. Et pas d’avantage fiscal au-delà de la somme de 10 000 euros de diminution d’impôts par an. »
16 h 04 : Hollande rend la droite responsable du creusement vertigineux de la dette : « Dix ans de droite auront coûté aussi cher que tous les gouvernements réunis de la Ve République. » Il promet un retour à l’équilibre des comptes pour la fin de son mandat, en 2017, tout en maintenant qu’il enterrera la RGPP : « Le nombre total de fonctionnaires n’augmentera pas, mais il sera mis fin à la règle aveugle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. »
16 heures : Le candidat fait une rafale de propositions pour réindustrialiser la France : création d’une banque publique d’investissement, d’un livret d’épargne dont le produit sera dédié aux PME innovantes, remboursement des aides reçues par les entreprises qui délocalisent, un million de logements neufs et anciens…
Il aborde aussi le chapitre du nucléaire : « Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte, mais aussi des énergies renouvelables. » Il redit sa volonté de baisser de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité.
15 h 59 : Vient le chapitre de la relation franco-allemande. « Une Europe de croissance, de solidarité, c’est la vocation de la France de la construire avec l’Allemagne. » Nos amis allemands devront faire « preuve de solidarité », car l’Allemagne « ne restera pas forte dans une Europe faible ». En décembre 2011, Hollande s’était rendu à Berlin, au congrès du SPD, parti socialiste allemand, pour proposer son pacte de gouvernance, de responsabilité et de croissance. Il avait dû faire face à une polémique sur la germanophobie, qu’il avait récusée.
15 h 54 : Passage très offensif sur la régulation de la finance. François Hollande explique vouloir créer une agence publique européenne de notation, propose une stricte séparation de la banque d’affaire et de la banque de dépôt, et prône l’intervention de la BCE.
15 h 50 : Hollande attaque, toujours sans le nommer, son adversaire Sarkozy : « Commencé dans la virevolte, ce quinquennat s’achève dans la tourmente », puis il a cette formule assassine : « Un seul mot, un seul, résume cette présidence : la dégradation. Tout s’est dégradé. »
15 h 48 : François Hollande a affirmé vouloir rendre confiance aux Français. Il aborde l’économie et la crise. « Il n’y a jamais une seule politique possible quelle que soit la gravité de la situation. » « Avant d’évoquer mon projet, je vais vous dire qui est mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne : cet adversaire, c’est le monde de la finance. En 20 ans, il a pris le contrôle de nos vies et de nos politiques. »
15 h 44 : Deuxième date marquante après le 21 avril, « plus heureuse », « c’est le 10 mai 1981″. Il rend un hommage appuyé à François Mitterrand. « Moi, je veux installer la gauche dans la durée et mettre en accord la gauche avec la France. Si je suis candidat, c’est pour renouer le fil. » « Je veux voir la joie de la conquête, s’exclame-t-il. Je veux gagner avec vous le droit de présider la France. »
15 h 42 : Fermeture du chapitre personnel. François Hollande ouvre un autre volet en répétant son traumatisme du 21 avril : « J’en ai tiré toutes les leçons. Moi je ne laisserai pas faire, je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n’a jamais rien fait pour servir les intérêts de cette classe-là. » « Je ne laisserai pas une formation politique réclamer le rétablissement de la peine de mort. » Et enfin : « Ce qu’attend une grande majorité de nos concitoyens, c’est un choix entre la gauche et la droite. »
15 h 36 : « Je ne suis pas un vorace. Je veux simplement me mettre au service des Français. j’ai fait de l’engagement ma vie entière. J’ai donné, j’ai reçu : du temps, du travail, des coups. Je n’ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même. » Puis cette formule qu’il souligne : « Je vais vous dire un secret : J’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. »
15 h 33 : Arrive le moment tant promis, celui où François Hollande se présente aux Français : « Présider la République, je veux le faire en étant digne de votre confiance. Tout dans ma vie m’a préparé à ça. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée, je suis socialiste. La gauche, je ne l’ai pas reçue en héritage. J’ai grandi en Normandie dans une famille plutôt conservatrice. Je remercie mes parents, mon père parce qu’il avait des idées contraires aux miennes et parce qu’il m’a aidé à affirmer mes convictions. Ma mère parce qu’elle m’a transmis ce qu’il y a de plus beau, l’ambition d’être utile : la gauche je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée. Avec François Mitterrand, dans la conquête. La gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député ; la gauche, je l’ai gouvernée avec Lionel Jospin quand nous dirigions ensemble le pays. C’est moi qui vais, dans ce combat, vous conduire à la victoire que vous attendez depuis si longtemps. »
15 h 30 : Au premier rang, les éléphants du PS, visiblement réjouis, ne boudent pas leur plaisir et réservent de régulières standing ovations à leur candidat. Notamment quand Hollande lance : « Aujourd’hui, c’est moi qui porte votre espérance, c’est moi qui porte l’obligation de gagner. »
15 h 27 : Sans jamais le citer, François Hollande critique beaucoup Nicolas Sarkozy. Il entame toutes ses phrases par « présider la République », ce qui est un moyen de se placer sur le même plan que le chef de l’État et de prendre son contre-pied.
15 h 26 : Le ton se fait très grave pour évoquer les soldats morts en Afghanistan : « Il faut avoir la lucidité d’affirmer que notre mission est terminée (…) je ferai en sorte que ce retrait se fasse en bon ordre sans menacer la vie de nos soldats. »
15 h 25 : « Présider la République, c’est être ferme, ferme à l’égard de l’immigration clandestine, mais traiter dignement les étrangers en situation régulière. » Puis, un peu plus tard : « Ne pas inviter les dictateurs à Paris. » Sarkozy n’a toujours pas été nommé, mais ses oreilles doivent siffler.
15 h 21 : Hollande emporte d’emblée l’adhésion de la salle en mettant en avant deux promesses : « J’introduirai le non-cumul des mandats pour les parlementaires », et la mise en place du « droit de vote des étrangers ». Droits du Parlement, laïcité, nomination du président de France Télévisions… Le discours de François Hollande s’avère plus programmatique que prévu.
15 h 19 : Hollande démarre par son attachement à la laïcité. « J’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Églises de l’État dans la Constitution. » Ovation.
15 h 15 : C’est parti pour 1 h 15 de discours : « Je suis venu vous parler de la France, de la France qui souffre et de la France qui espère. Une page est en train de s’effacer. Et je suis venu vous parler de la France de demain. »
15 h 10 : Après un clip sur le candidat, un film bercé de violons mélodramatiques retrace la vie de François Hollande. Son histoire, son engagement, les échecs… Le candidat s’avance sur la scène en fendant la foule. Fait inhabituel : le timing est respecté à la minute près. La musique de fond est le nouvel hymne de campagne. Les seules paroles qui tournent en boucle sur un air techno : « Le changement, c’est maintenant ». Il s’agit aussi du slogan du candidat.
