Ou va le P.R.G. (VIII)

prg-rouge.jpgVoici le texte de mon intervention prononcée à la tribune du congrès ce samedi 17 mai 2008 :

” Mes Chers amis,

Dans le cadre de l’exercice de mon mandat local, je dois vous avouer que je quitterai ce congrès en fin de soirée pour assiter à un match de football entre l’OLYMPIQUE LYONNAIS et l’AJ AUXERRE, et en ma qualité d’Adjoint aux sports de LYON, j’espère vivre ce soir le 7ème sacre de mon club et je promets à Guilem PORCHERON que ce soir, lorsque je serai dans les vestiaires avec les joueurs, je mettrai un Tee shirt “I love PRG” pour rappeler mon appartenance politique au service de mon mandat.

Appartenance politique, telle est l’enjeu de ce Congrès.

Pas une question de personnes. D’ailleurs, Jean-Michel BAYLET a souvent déclaré que gérer les radicaux de Gauche n’était pas chose facile, et qu’il fallait être fou pour en être le Président. Alors si on est tous fous, et comme Jean-Michel, tu es le seul candidat déclaré, soit tu as un coté Freudien ou soit finalement, tu nous aimes bien.

Le véritable thème de ce Congrès est donc selon moi la question de l’appartenance politique et je veux, à travers cette tribune, m’adresser à deux absents dont l’un d’eux nous a quittés il y a déja plusieurs années.

Le premier à qui j’ai envie de m’adresser, c’est Bernard TAPIE.

Bernard TAPIE s’exprimait ce matin dans les colonnes du “Parisien - Aujourd’hui en France” pour dire deux choses :

La première, qu’il était plus que jamais proche de sa famille d’origine, les radicaux de gauche.

La seconde, pour dire qu’àprès une année de pouvoir, s’il avait à choisir à nouveau, il revoterait SARKOZY.

Alors j’ai envie de lui dire : “Bernard, STOP !”.

STOP car le militantisme au PRG, ce n’est pas une fois tous les trois ans au Congrès par une interview dans la presse. Le militantisme, il se vit au quotidien, dans les cercles, dans les fédérations.

STOP car le candidat des radicaux de gauche à l’election présidentielle de 2007 ce n’était pas nicolas SARKOZY mais bien Ségolène ROYAL !

Et si bernard TAPIE pense qu’àprès un an de pouvoir, le bilan de SARKOZY ne peut pas essuyer la moindre critique, il est pour le moins dans l’erreur. Et nous, radicaux de gauche, nous avons le devoir de le faire…

La laïcité : discutée !

La politique étrangère de la France : Atlantisée !

La hausse du pouvoir d’achat : Oubliée !

La loi TEPA et les cadeaux fiscaux aux plus riches : Votée et appliquée !

Les libertés individuelles : Bafouées !

Et après cela, après qu’un an de pouvoir, nous ne serions pas en état d’apprécier le bilan de SARKOZY ???

NON, Bernard TAPIE, le PRG doit s’inscrire et s’inscrit totalement dans une opposition ferme et résolue à l’UMP et à Nicolas SARKOZY.

Le deuxième absent à qui je pense très fortement aujourd’hui, c’est Michel CREPEAU.

J’ai adhéré en politique en 1981, à l’époque, au MRG, pendant les présidentielles de 1981 et la formidable campagne électorale de Michel CREPEAU et je suis toujours resté fidèle à ce Parti, à cette ligne, à cette appartenance politique.

Et Michel, en grand navigateur qu’il était, aimait rappeler : “Quand la boussole tourne vite, trop vite, il faut savoir garder le cap, tenir la barre, fermement.

En 1981 comme en 2008, le cap, notre cap, c’est la GAUCHE REALISTE, la Gauche réformiste, la Gauche laïque, et j’ai apprécié ce matin l’intervention de Jean-Bernard BROS, Adjoint au Maire de PARIS, qui sait que si nos équipes de foot sont adversaires sur le terrain, nous en politique, on est plutôt co-équipers !

OUI, l’avenir du PRG est à GAUCHE. A nous de monter tous les jours la et les valeur du PRG, l’apport du PRG, la spécificité du PRG, le rôle essentiel du PRG au sein de la Gauche. Et pas ailleurs.

Et il ne faut pas se tromper de route…

Vous vous souvenez, lors du Congrès de LYON, en décembre 2004, j’avais commis un film sur l’histoire du PRG et je me souviens très bien des propos tenus à l’époque, par Roger-Gérard SCHWARTZENBERG qui rappelait très justement que le rôle du MRG était de ” déplacer les poteaux frontières de la majorité pour élargir celle-ci.

Mais en 1983, le Président de la République s’appellait…François MITTERRAND !

En 2008, ce n’est pas lui et le PRG n’a pas vocation à participer à quelconque opération politicienne afin d’élargir les poteaux frontières de la majorité de l’UMP.

C’est pourquoi la discussion engagée avec les valoisiens est troublante et troublée aux yeux de beaucoup.

C’est pourquoi, pour conclure à la référence à Michel CREPEAU, la bipolarisation est un fait inéluctable sous les conséquences de la cinquième République et de sa constitution. Ne l’oublions pas.

N’allons pas nous égarer à vouloir rejoindre François BAYROU dans son impasse centrale, son impasse centriste sans issue dans laquelle il s’est aventuré avec certains de ses amis.

Alors pour la prochaine échéance électorale en 2009, défendre l’Europe fédérale et laïque, c’est un beau projet. Mis sommes nous tous d’accord sur le Traité de Lisbonne et sur ses conséquences ? Et ces listes aux europpéennes que nous appelons de nos voeux, c’est avec qui ???

J’ai lu que certains nostalgiques des boys band cherchaient à former un trio super sexy : les 3 B, BAYLET, BAYROU, BORLOO… Je crains que ce ne soit pas dans les vielles recettes que se trouve l’avenir du PRG.

Nous sommes un parti de gauche, résolument opposé au sarkozysme. L’ouverture républicaine des radicaux ne sera jamais une compromission partisane d’intérêts individuels. Ayons le courage de le dire et de l’écrire. Clôturons définitivement un débat polluant qui n’aurait jamais dû naître !

Le radicalisme de gauche doit se donner les moyens de renouer avec sa tradition critique, libertaire, et avant-gardiste avant de chercher des alliances ou des bras in-accueillants dans lesquels nous jeter comme pour se donner l’impression de toujours exister.

Le PRG n’est pas un coucou qui fait son nid dans celui des autres, il doit au contraire chasser les coucous qui nichent dans le sien !

Chers amis radicaux, ce congrès n’est ni celui de la refondation, ni celui de la révolution.

Au nom de Rhône-Alpes, je souhaite néanmoins :

- Que nous refusions définitivement toute alliance avec l’UMP et ses annexes telles que les radicaux valoisiens.

- Que nous définissions un positionnement clair sur l’Europe avant de tenter toute manœuvre d’alliance pour les prochaines européennes. Cette clarificatipourrait avoir lieu lors d’une convention nationale de rentrée en septembre.

Les réponses de Jean-Michel BAYLET apportées dans la presse ces derniers jours sur le refus de listes européennes avec les valoisiens sont claires et sans équivoque, ni ambiguité. Dont acte.

- Qu’au plan interne, nous nous redonnions les moyens de faire travailler ce parti tant au plan local que national car si nous avons souvent raison, force est de constater qu’à part nous, personne ne le sait !

C’est la raison d’un travail unanime de la fédération Rhône-Alpes qui, mécontente du fonctionnement interne du Parti, remettra un cahier de doléances au seul candidat déclaré.

Enfin, pour conclure, je vous laisse méditer ce qui se passe actuellement au Parti Socialiste, qui est en train de modifier sa déclaration de principes qui a été modifiée la dernière fois en 1995. Il n’est plus question de luttes des classes, de rupture avec le capitalisme, de nouvelle société, mais le texte qui sera proposé au Confrès de REIMS en novembre 200_ commence ainsi :

“(…) Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des lumières (…)”.

Un avocat plaiderait un flagrant délit de concurrence déloyale.

Un militant radical doit se dire, pour sa part, que le moment est venu, que le moment est propice, que le moment impose qu’après de débats féconds, riches et pertinents, nous repartions de ce Congrès avec un sentiment d’unité. Pas une unité de façade. Mais une unité pour conquérir, pour reconquérir notre idéal Républicain et européen. Historiquement il nous appartient. A nous de le défendre pour le faire prospérer.”

2 commentaires pour “Ou va le P.R.G. (VIII)”

  1. jacques dit :

    Excellente intevention Mon Cher THIERRY.
    Il faut que tu prennes plus de responsabilités dans ce Parti qui a besoin de se rajeunir….

  2. quintin yves-jean dit :

    bonjour thierry,
    je regrette de n’avoir pu être présent faute de législative partielle sur la 11ème dans le Rhône.
    la lecture est sans doute moins attractive que le plaidoyer que tu as exposé en séance pleinière de ce congrès. Car en effet, nous sommes, de ou à, gauche sans aucune ambiguïté. La dessus je partage et plaide (moins bien que toi assurément) cette cause irrémédiablement et sans équivoque. Alors, il nous appartient de défendre ces valeurs que tu as si parfaitement énoncées à nouveau, un peu comme un devoir de mémoire et +. Aujourd’hui mobilisons nous pour notre idéal humaniste, démocratique (j’en sais qq chose à titre perso) et surtout LAïQUE.
    Bien à toi, cher Thierry
    Yves-jean

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